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HISTOIRE RE L’ARMEE
en peu (lo jours 00,000 hommes à Toulon . 11 est probable que si les chosesavaient pu être concertées, une résistance imposante, mais hâtons-nous dele dire, à laquelle personne n’a songé, pouvait s’organiser, soit par le midi,soit à Lille, où le roi, en appelant à lui l’armée de Paris, celle du Rhin , celledu nord, pouvait, menaçant la France d’une double guerre civile, jeter uneeffrayante responsabilité aux membres du gouvernement provisoire. Maisrien de tout cela ne fut tenté; le roi prit la route que nous dirons, et, quantaux jeunes princes alors en Algérie , leur conduite fut la plus noble et la pluspatriotique que puissent honorer même des ennemis. A cet égard, tontes lesopinions, et jusqu’aux plus extrêmes, leur ont rendu une justice qui a dûconsoler leur exil. Les aveux de nos ennemis sont notre gloire.
Voici en quels termes le Moniteur algérien informait l’Algérie des premiersévénements, connus par une dépêche télégraphique du 21 au soir adresséeau jeune gouverneur général :
« Le roi a abdiqué.
« Madame la duchesse d’Orléans est nommée régente.
« Le gouverneur général, connaissant le patriotisme de tous, n’ajoute rienà ces nouvelles. Jtien ne saurait changer nos devoirs, ni altérer notre dévoue-ment envers la France .
« Alger, le 27 février 1848, à dix heures du soir. Signé, II. d’Orléans »
La dépêche qui vint ensuite, annonçant simplement la nomination du gou-vernement provisoire, fut publiée suivie de cette seule phrase :
« Le gouverneur général ne peut que répéter ce qu’il disait hier : rienn’est changé à nos devoirs envers la France . La population et l'armée atten-dront dans le plus grand calme les ordres de la mère-patrie.
« Alger, 28 février 1848, à dix heures du soir. II. d'Orléans . »
En apprenant ensuite la déchéance de son père, le duc d’Aumale adressa àl’armée la proclamation suivante, dont le ton digne et résigné rappelle cestemps antiques où l’homme savait s’effacer devant la patrie.
« Habitants de l'Algérie,
« Fidèle à mes devoirs de citoyen et de soldat, je suis resté à mon poste tant que j’ai pucroire ma présence utile au service du pays.
« Celte situation n’existe plus; AI. le général Cavaignac est nommé gouverneur général dél’Algérie. Jusqu à son arrivée à Alger, les fonctions de gouverneur général de l'Algérie parintérim seront remplies par AI. le général Changarnier .
« Soumis à la volonté nationale, je m’éloigne; mais, du fond de l'exil, tous mes vœux se-ront pour votre prospérité et pour la gloire de la France que j'aurais voulu servir plus long-temps. » Signé, H. d'Orléans. »
« AI. le général Changarnier remplira par intérim les fonctions de gouverneur général,jusqu'à l’arrivée à Alger de AI. le général Cavaignac, nommé gouverneur général de l'Algérie .
« En me séparant d’une armée modèle d’honneur et de courage, dans lesTangs dalaquellej ai passé les plus beaux jours de ma vie, je ne puis que lui souhaiter de nouveaux succès.Lue nouvelle carrière va peut-otre s ouvrir à sa valeur ; elle la remplira sérieusement, j’enni la ferme'croyance.
« Officiers, sous-officiers et soldats, j'avais espéré combattre encore avec vous pour la pa-trie!.... Cet honneur m’est refusé, mais, du fond de l’exil, mon cœur vous suivra partout oùvous appellera la volonté nationale, il triomphera de vos succès, tous ses vœux seront tou-jours pour la gloire et le bonheur de la France . » Signé, H. d'Orléans, a