120 HISTOIRE DE L’ARMÉE
occupent les postes avancés autour ilu Quirinal , et la lutte s’engage a\ec lesSuisses qui tirent des fenêtres. Le Quirinal est investi; 0,000 gardes civiqueset soldats de ligne sont rangés en bataille, les canons braqués sur la princi-pale porte du palais; partout on se dispose à faire des barricades, ad uso fran-
cese, et une députation est envoyée au pape, porter un ultimatum.et une
heure pour toute délibération, sauf quoi le Quirinal sera pris d’assaut, et tousses bûtes écharpés, le pape seul devant avoir la vie sauve....
Voici quelles étaient les conditions imposées au Saint-Père :
1° Reconnaissance de la nationalité italienne;
2° Convocation de la Constituante, et mise en délibération du projet dePacte fédératif.
3° Accomplissement des délibérations du conseil des députés sur la guerrede l'indépendance;
4° Entière adoption du programme de Mamiami, du 5 juin ;
3° Des ministres désignés par le peuple.
Le pape essaya d’abord de gagner du temps; mais, opprimé par la forcebrutale, il se décida à former le ministère suivant : Extérieur, Terenzio Ma-miami; intérieur et police, Galetti; finances, l’avocat Lunati; commerce ettravaux publics, Ilerbini; guerre, Campello; instruction publique et prési-dence, l’abbé Rosmini ; grâce et justice, l’avocat Sériai. Quant aux autresdemandes, le pape s’en remettait à la décision du conseil des députés.
L’assassinat du ministre Rossi ne fut que le prélude d’événements qui com-pliquèrent singulièrement la situation de l’Italie . On vit, reproduits dans cer-taines feuilles françaises, des extraits de journaux romains qui sanctifiaientcet assassinat. Bientôt le pape subit des pressions telles, il se vit maîtriserpar une si ardente démagogie, qu’il jugea devoir se soustraire, par la retraite,au rôle que la force imposait à ses volontés, déjà si hautement prouvées, d’a-méliorations progressives de ses Etats. On sait ce qui suivit. Livrée au princede Canino, Mamiami et autres démagogues, Rome se proclama onRépubliquc.La situation nouvelle qui naquit de cet état de violence et d’anarchie, au seind’un peuple inexpérimenté aux jeux des révolutions et au mécanisme de lapolitique, ressortira suffisamment des divers documents que nous aurons àmêler au récit de l’expédition que nous allons décrire. Mais ce coup d’œil jetésur les motifs, revenons aux faits qui la précèdent, c’est-à-dire l’élection du10 décembre.
Le 27 novembre, le prince Louis-Napoléon publia un manifeste à l’appuide sa candidature à la présidence de la République. Cette pièce était franche-ment écrite. On y remarquait divers passages (pii rompaient nettement avecles diverses hésitations, les soupçons d’arrière-pensée dont la conduite deLouis-Napoléon avait été accusée depuis qu’une nouvelle l’évolution l’avaitreplacé sur la scène politique. Nous citerons quelques fragments do ce ma-nifeste :
« Je ne suis pas un ambitieux qui rêve tantôt l’empire et la guerre, tantôt l’application de