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Tome quatrième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 43i

ditionnaire part de Civita-Vecchia. Il campe, le 29, à Castel-di-Guido. Jusque- point dhos-tilités.

« Voulant connaître le plus tût possible les dispositions des troupes de la République ro-maine, je prescrivis au capitaine Oudinot, mon officier dordonnance, daller jusquà leursavant-postes avec quelques chasseurs à cheval. Il les rencontre à trois lieues environ denotre camp.

« Les paroles pacifiques de cet officier sont accueillies par une décharge qui démonte unde nos chasseurs.

« Ce fait est isolé et ne nous ôte pas encore toute espérance de conciliation.

« Nous continuons à marcher sans rencontrer lennemi. Nous prenons position sur lesplateaux qui dominent lentrée de la ville par la porte Pertusa, avec l'intention de faire, undernier appel à la concorde. Mais le drapeau rouge Hotte sur tous les forts, doutrageantesvociférations font retentir les airs, et notre tête do colonne est assaillie par le feu le plus vif.

« Dès ce moment la mitraille, les boulets et les balles ne permettent plus d'arrêter lar-deur de nos soldats. Malgré de grands obstacles, la brigade Mollière couronne les hauteurs àdroite et à gauche de la roule. Linfanterie, lartillerie, répondent vigoureusement au feu dela place. Mais l'ennemi est derrière des remparts, tandis que nos soldats sont à découvert.

« Pour faire diversion, je prescris à la brigade Levaillant de faire un mouvement agressifsur une route de gauche, qui conduit à la porte Angelica.

« Le valeureux officier qui sétait offert à guider cette troupe, au lieu de prendre le che-min qui y conduit à labri des remparts, suit une route qui y mène plus directement, maisqui est exposée au feu do lennemi.

« Lélan de nos soldats nen est pas ralenti, et, bien que la route suive parallèlement et àmoins de 200 mètres des remparts, ils sy engagent avec une grande témérité.

« Dans le môme moment, les colonels Marulnz et Bouat, des 20 e et 55° do ligne, faisantpartie de la brigade Mollière, sélancent avec une centaine dhommes de leurs régiments surla porte Pertusa. Ils arrivent jusqu'au pied même du rempart. Profitant dun pli de terrain,ils sembusquent, mais les travaux tout récemment accumulés ne permettent pas le succèsde cette audacieuse entreprise.

« Les habitants, au lieu de se prononcer, sont évidemment terrifiés par les réfugiés. Lestroupes pontificales elles-mêmes sont obligées de joindre leur feu à celui de nos communsadversaires.

« Dès le commencement do laction, quelques bataillons ennemis ayant essayé de des-cendre dans la phi i ne, sont forcés de se retirer en. toute hâte derrière les retranchements.Ils laissent sur le champ de bataille un grand nombre de morts.

« Ce nétait point un siège que nous voulions faire, mais une forte reconnaissance. Elle aété exécutée on ne peut plus glorieusement. Elle a démontré jusquà lévidence que lordresocial ne cessera d'être on péril que lorsquil sera abrité à Rome sous le drapeau français .Mais ce nest pas seulement avec une fraction du corps expéditionnaire, cest avec tous leséléments daction que ce résultat doit être ubtenu. Jai donc fait suspendre le combat, et j'aipassé la nuit au lieu même il avait commencé, sans quun soldat de lennemi ait osé sor-tir de ses réduits.

« Los 1 er et 2 mai, le corps expéditionnaire est resté en position à Castel-di-Guido. Jy aireçu l'avis de larrivée à Civita-Vecchia de quelques détachements de la troisième brigade.

« Pour faciliter la concentration, j'ai établi la première brigade àPolidoro; la deuxième,avec le quartier-général à Palo. Jy constitue un dépôt principal, d je suis en rapportsfaciles, par les voies de terre et de mer, avec ma base dopération. Il ny a dailleurs aucuneinsulte à redouter, car depuis le 5 et au moment même je vous écris, nous navons pas vuune vedette ennemie.

« Je fais partir pour Toulon un bataillon de six cents hommes romains comme prison-niers ou au moins comme étages. J'ai fait saisir un nombre considérable darmes et de pro-jectiles, tant dans les forts do Civita-Vecchia et Palo que dans les tours qui protègent la côte.

« Jaurai l'honneur de vous en envoyer un état détaillé. ,

« Je ne terminerai pas ce rapport, Monsieur le ministre, sans rendre aux corps de toutesarmes du corps expéditionnaire de la Méditerranée cette justice, que leur moral et leurénergie sont admirables.

« Celte journée du 50 avril est lune des plus brillantes auxquelles les troupes françaisesaient pris part depuis nos grandes guerres. Si nous avons fait quelques pertes sensibles, nousavons occasionné à lennemi un dommage numériquement plus considérable. 11 reconnaîtquil a près de deux cent quatre-vingts hommes tués ou blessés.

« Jai été énergiquement secondé par les officiers généraux Regnaud de Sain t-Jean-d : An-gel v, Levaillant et Mollière, ainsi que par les chefs de service de lartillerie et du génie, lo