102 Epître dedicatoire
Qu’Enghien en íoit touché, que ColbertSc Vivonc,Que la Rochefoucauld, Marsillac Sc Pompone,
Et cent autres qu’ici je ne puis faire entrer,
A leurs traits délicats fe laissent pénétrer.
J'avoue que j’aime mieux le Mœcenas Virgiliufque ,dans Horace, que le plus puiffant des rois dans Boileau ;parce qu’il est plus beau, ce me lemble, 8c plushonnête, de mettre Virgile 8c le premier ministre del’empire fur la même ligne, quand il s’agit du goût,que de préférer le lustrage de Louis XIV 8c du grandCondè à celui des Cor as 8c des Perrins; ce qui n’étaitpas un grand effort. Mais enfin, Moniteur, vousvoyez que (Jcpuis Horace jufqu’à Boileau, la plupartdes grands poètes ne cherchent à plaire qu’aux espritsbien faits.
Puisque Boileau désirait avec fartf d’ardeur l'appro-bation de fimmortel Colbert pourquoi ne travaille-rions-nous pas à mériter celle d’un homme qui acommencé son ministère mieux que lui , qui estbeaucoup plus instruit que lui dans tous les arts quenous cultivons, 8c dont l’amitié vous a été si précieusedepuis long-temps, ainsi qu’à tous ceux qui ont eu 1ebonheur de le connaître? (*) Pourquoi n’ambitionne-rions-nous pas les suffrages de ceux qui ont rendudes services essentiels à la patrie, soit par une paixnécessaire, soit par de très-belles actions à la guerre,ou par un mérite moins brillant 8c non moins utiledans les ambassades, ou dans des parties essentiellesdu ministère ?
Si ce même Boileau travaillait pour plaire aux(*) M. Turgot.
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