A M. d’ A L E M B E R T. 10 3
la Rochesoucaulds de son siècle, nous blâmerait-on desouhaiter le suffrage des. personnes qui font aujour-d’hui tant d'honneur à ce nom ? à moins que nousne fussions tout-à-fait indignes d’occuper un momentleurs loisirs !
Y a-t-il un seul homme de lettres en France quine se sentît très-encouragé par le suffrage de deux devos confrères, dont l’un a semblé rappeler le siècleâesMédicis cn cueillant les fleurs du Parnassç avant desiéger dans le Vatican, (*) & l’autre, dans un rang nonmoins illustre, est toujours favorisé des muses 8c desgrâces, lorsqu’il parle dans vos assemblées , 8c qu’il- ylit sçs ouvrages ? (**) c’est en ce sens qu 'Horace a dit :
Principibus placuijfe viris non ultima laus cjl.
Je dis dans le même sens à un homme d’ungrand nom, auteur d’un livre profond de la félicitépublique : mon ami doit être trop heureux si vousne désapprouvez pas Dom Pèdre ; c’est à vous dcjuger les rois Sc’les connétables : j’en dis autant aumagistrat qui entre aujourd’hui dans l’académie,Puisse-t-il être chargé un jour du foin de cette félicitépublique! (***)
J’ajouterai encore que le divin Ariojie ne se bornepas à nommer les hommes de son temps qui fêlaienthonneur à l’Italie, 8c pour lesquels il écrivait ; ilnomme l’illustre Julie de Gonzague , 8c la veuveimmortelle du marquis de Pefcara , 8c des princessesde la maison d'Ejl Sc de Malatejla, Sc des Borgia , des
(*) M- le cardinal de Bernis,
('"*) M. le duc de Bernis.
(***) M. de Malherbe.
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