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Fragment
pas d’être un lâche barbare qui fesait couper le couà son gendre,
Pour acquérir par-là de plus puissans appuis,
Qui me mettraient plus haut cent fois que je ne fuis,
On a beaucoup 8c trop écrit depuis Aristote fur latragédie. Les deux grandes règles font que les per-sonnages intéressent, 8c que les vers soient bons;j’entends d’une bonté propre au sujet. Ecrire en verspour les faire mauvais est la plus haute de toutes lessottises.
On m’a vingt fois rebattu les oreilles de ce pré-tendu discours de Pierre Corneille : Ma pièce ejl f nie;je n ai plus que les vers à faire. Ce propos fut tenu parMénandre plus de deux mille ans avant Corneille , finous en croyons Plutarque dans fa question ,si les Athé-niens ont plus excellé dans les armes que dans les lettres ?Ménandre pouvait à toute force s’exprimer ainsi, parteque des vers de comédie ne font pas les plus difficiles ;mais dans sart tragique, la difficulté est presque insur-montable, du moins chez nous.
Dans le siècle passé , il n’y eut que le seul Racinequi écrivit des tragédies avec une pureté 8c uneélégance presque continue ; 8c le charme de cetteélégance a été si puissant que les gens de lettres 8cde goût lui ont pardonné la monotonie de ses décla-rations d’amour, 8c la faiblesse de quelques caractères,en faveur de fa diction enchanteresse.
Je vois dans shomme illustre qui le précéda desscènes sublimes , dont ni Lopez de Véga , ni Calderon,m Shakespeare n'zN?L\e.rìt même pu concevoir la moindreidée, 8c qui font très-supérieures à ce qu’on admiradans Sophocle 8c dans Euripide; mais aussi j’y voisdes tas de barbarismes 8c de solécismes qui révoltent,& de froids raisonnemens alambiqués qui glacent;j’y vois enfin vingt pièces entières, dans lesquelles a (