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Tome sixieme.
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d’un discours hist. et cri t. 115

peine y a-t-il un morceau qui demande grâce poul-ie reste. La preuve incontestable de cette vérité est,par exemple, dans les deux Bérénices de Racine & deCorneille. Le plan de ces deux pièces est égalementmauvais, également indigne du théâtre tragique. Cedéfaut même va jusqu’au ridicule. Mais par quelleraison est-il impossible de lire la Bérénice de Corneillespar quelle raison est-elle au-dessous des pièces depradon , de Rioupérous , de Danchel , de Péchantré , dePellegrm ? 8c d’où vient que celle de Racine se faitlire avec tant de plaisir, à quelques fadeurs près ?d'où vient qu’elle arrache des larmes?... c’est queles vers font bons : ce mot comprend tout, sentiment,vérité, décence, naturel, pureté de diction, noblesse,force, harmonie , élégance , idées profondes , idéesfines, surtout idées claires, images touchantes, imagesterribles, & toujours placées à propos. Otez ce mériteà la divine tragédie d’Athalie , il ne lui restera rien ;ôtez ce mérite au quatrième livre de l’Enéide & audiscours de Priam à Achille dans Homère, ils serontinsipides. L’abbé du Bos a très-grande raison : la poésiene charme que par les beaux détails.

Si tant d’amateurs savent par cœur des morceauxadmirables des Horaces, de Cinna , de Pompée, dePolieucte Sc quatre vers d’Héraclius, c’est que ces versfont très-bien faits ; Sc si on ne peut lire ni Théodoreni Pertharite, ni Dom Sandre d’Arragon, ni Attila,ni Agésilas , ni Pulchérie , ni la Toison d’or , niSuréna, 8cc. 8cc. & c., c’est que presque tous les versen font détestables. II faut être de bien mauvaise foipour s’efforcer de les excuser contre sa conscience.Quelquefois même de misérables écrivains ont osédonner des éloges à cette foule de pièces aussi platesque barbares , parce qu’ils sentaient bien que lesleurs étaient écrites dans ce goût : ils demandaientgrâce pour eux-mêmes.

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