148 Dom Pedre.
La triste vérité ne peut se déguiser.
Dom Pedre.
J’aime qu’on me la dise, &: sais la mépriser.
Que rriimportent ces flots dont l’inutile rageSe diffipe en grondant 8c se brise au rivage?
Que m’importent ces cris des vulgaires humains?La feule Léonore est tout ce que je crains.Léonore !... crois-tu que son ame offenséeRendue à mon amour ait pu dans fa penséeEtouffer pour jamais le cuisant souvenirD’un affront, dont sa haine aurait dû me punir?
M E N d o S E.
Vous savez assez vu, son retour est sincère.
Dom Pedre.
Son ingénuité , qui dut toujours me plaire,Laisse échapper des traits d’une mâle fiertéQui joint un grand courage à fa simplicité.
M E N n o s E.
Sa conduite envers vous était d’une ame pure.Vertueuse sans art, ignorant f imposture,
Voulant que ce grand jour fût un jour de bienfaits,Au sein de la discorde elle a cherché la paix.
Ce cœur qui n 1 est pas né pour des temps si coupablesSe figurait des biens qui font impraticables ;
Sa vertu la trompait. Je vois avec douleurQue tout corrompt ici votre commun bonheur.Quel parti prenez-vous, 8c que devra-t-on faireDe cet inébranlable 8c terrible adversaire