Acte troisième. 149
Oui dans fa prison même ose encor vous braver ?
Dom Pedre.
Léonore!... à ce point as-tu su captiverUn cœur íî détrompé , si las de tant de chaînes,
Dont le poids trop chéri si t ma honte 8c mes peines ?J’abjurais les amours 8c leurs folles erreurs.
Quoi! dans ces jours de sang 8c parmi tant d’horreurs,
Cette candeur naïve 8c fa noble innocence
Sur mon ame étonnée ont donc plus de puissance
Oue n en eurent jamais ces fatales beautés
Qui subjuguaient mes sens de leurs fers enchantés,
Et des séductions déployant l'artificeEgaraient ma raison soumise à leur caprice !
Padille m’enchaînait 8c me rendait cruel -,
Pour venger ses appas je devins criminelCes temps étaient affreux. Léonore adoréeM’inspire une vertu que j’avais ignorée.
Elle grave en mon cœur heureux de lui céderTout ce que tu m’as dit fans me persuader.
Je crois entendre un dieu qui s’explique par elle ;
Et son ame à mes sens donne une ame nouvelle.
M E N D O S E.
Si vous aviez plutôt formé ces chastes nœuds,
Votre règne fans doute eût été plus heureux.
On a vu quelquefois par des vertus tranquillesUne reine écarter les discordes civiles.
Padille les fit naître ; 8c j’ose présumerQue Léonore seule aurait pu les calmer.
C est Dom Pèdre, c’est vous, 8c non le roi qu’elle aime.Ees autres n’ont chéri que la grandeur suprême.
K Z