LETTRE
DE MONSIEUR
de voltaire
a l’Academie française 1778.Messieurs-,
Daignez recevoir le dernier hommage de mavoix. mourante, avec les remercîmens tendres 8crespectueux que je dois à vos extrêmes bontés.
Si votre compagnie fut nécessaire à la Francepar son institution, dans un temps où nous n avionsaucun ouvrage de génie écrit d’un style pur 8c noble,elle est plus nécessaire que jamais dans la multitudedes productions que fait naître aujourd’hui le goûtgénéralement répandu de la littérature.
II n’est permis à aucun membre de l’académie dela Crufca , de prendre ce titre à la tête de sonlivre, si l’académie ne l’a déclaré, écrit avec lapureté de la langue toscane. Autrefois quand j osaiscultiver , quoique faiblement, l’art des Sophocles,je consultais toujours M. l’abbé à'Olivet, notreconfrère, qui, fans me nommer, vous proposait mesdoutes ; 8c lorsque je commentai le grand Corneille,j’envoyai toutes mes remarques à M. Duclos, quivous les communiqua. Vous les examinâtes ; 8c cetteédition de Corneille semble être aujourd’hui regardée