Lettre
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supériorité ; 8c ce livre est écrit avec la sorte d’en-thousiasme que la nation anglaise retrouve dansquelques beaux morceaux de Shakespeare , échappésà la grossièreté de son siècle. Elle met Shakespeare au-dessus de tout, en faveur de ces morceaux qui sonten effet naturels 8c énergiques, quoique défiguréspresque toujours par une familiarité basse . Mais est-il permis de préférer deux vers d 'Ennius à toutVirgile, 'ou de Lfcophron à tout Homère ?
On a représenté , Messieurs , les chefs - d’oeuvrede la France devant toutes les cours , 8c dans lesacadémies d'Italie. On les joue depuis les rivagesde la mer glaciale jusqu’à la mer qui sépare l’Europede l’Afrique. Qu’on fasse le même honneur à uneseule pièce de Shakespeare, 8c alors nous pourronsdisputer.
Qu’un chinois vienne nous dire : 33 Nos tragédies,, composées fous la dinastie des Yven font encore,, nos délices après cinq cents années. Nous avons,, fur le théâtre des scènes en prose, d’autres en,, vers rimés , d’autres en vers non rimés. Les dis-,, cours de politique 8c les grands sentimens y font,, interrompus par des chansons, comme dans votre9 3 Athalie. Nous avons de plus des sorciers qui39 descendent des airs fur un manche à balai, des33 vendeurs d’orviétan 8c des gilles , qui, au milieu
3 5 d’un entretien sérieux , viennent faire leurs3 3 grimaces de peur que vous ne preniez à la pièce3 5 un intérêt trop tendre qui pourrait vous attrister.
3 3 Nous félons paraître des savetiers avec des manda-J3 rins 8c des fossoyeurs avec des princes, pour rapeler