D E M. D E V O L T A I R E. 2Zg
u aux hommes leur égalité primitive. Nos tragédieson’ont ni exposition ni nœud, ni dénouement.
„ Une de nos pièces dure cinq cents années , 8c un„ paysan qui est né au premier acte est pendu au„ dernier.'Tous nos princes parlent en crocheteurs,
„ & nos crocheteurs quelquefois en princes. Nosd reines y prononcent des mots de turpitude qui„ h échapperaient pas à des revendeuses entre les» bras des derniers des hommes, Scc. Sc c. ,,
Je leur dirais : Messieurs , jouez ces pièces àNankin ; mais ne vous avisez pas de les représenteraujourd’hui à Paris ou à Florence, quoiqu’on nousen donne quelquefois à Paris qui ont un plus grand•défaut, celui d’être froides.
Madame Montagu relève avec justice quelquesdéfauts de la belle tragédie de Cinna Sc ceux deRodogune.Tout n’estpas toujours ni bien dessiné, nibien exprimé dans ces fameuses pièces , je f avoue.Je fuis mème obligé de vous dire, Messieurs, quecette dame spirituelle 8c éclairée ne reprend qu’unepetite partie des fautes remarquées par moi-même,lorsque je vous consultai sur le commentaire deCorneille. Je me suis entièrement rencontré avec elledans les justes critiques que j'ai été obligé d’en faire.Mais c’est toujours en admirant son génie que j’airemarqué ses écarts. Fié, quelle différence entreles défauts de Corneille dans ses bonnes pièces, 8c ceuxde Shakespeare dans tous ses ouvrages !
Oue peut-on reprocher à Corneille dans les tragédiesde ce génie sublime, qui sont restées à l'Europe d (caril ne faut pas parler des autres, ) c’est d’avoir pris
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