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Tome sixieme.
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2 80 Irene.

Dans F Orient soumis mes services rendusM’auraient pu mériter les biens que j’ai perdus.

Mais lorsque sur le trône on plaça Nicépliore,

La gloire en ma faveur ne parlait point 'encore ;

Et n’ayant pour appui que nos communs aïeux,

Je n’avais rien tenté qui pût m’approcher d’eux.Aujourd’hui Trébisonde entre nos mains remise,

Les Scythes repoussés, la Tauride conquise,

Sont les droits qui vers vous m’ont enfin rappelé.

Le prix de mes travaux était d’être exilé !

Le fuis-je encor par vous? n’osez-vous reconnaîtreDans le sang dont je suis le sang qui vous fit naître?Irene.

Prince, que dites-vous? dans quel temps, dans quels lieuxPar ce retouf fatal étonnez-vous mes yeux?

Vous connaissez trop bien quel joug m’a captivée,

La barrière éternelle entre nous élevée,

Nos devoirs, nos sermens, 8c surtout cette loiQui ne vous permet plus de vous montrer à moi.

Pour calmer de César Pinjuste défiance,

II vous aurait suffi d’éviter ma présence.

Vous n’avez pas prévu ce que vous hasardez.

Vous me faites frémir : Seigneur , vous vous perdez.Alexis.

Si je craignais pour vous, je serais plus coupable;

Ma présence à César serait plus redoutable.

Quoi donc ? fuis-je à Bisance ? est-ce vous que je vois?Est-ce an Sultan jaloux qui vous tient fous ses lois ?Etes-vous dans la Grèce une esclave d’Asie,

Qu’un despote, un barbare achète en Circaffie,

Qu'on rejette en prison sous des monstres cruels,

A jamais invisible au reste des mortels ?

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