Acte premier.
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César a-t-il changé , dans fa sombre rudesse,
L’esprit de l'Occident 8c les mœurs de la Grèce?Irene.
Du jour où Nicéphore ici reçut ma foi,
Vous le savez assez, tout est changé pour moi.Alexis.
Hors mon cœur ; le destin le forma pour Irène :
II brave des Césars la puissance 8c la haine.
II ne craindrait que vous ! Quoi ? vos derniers sujetsVers leur impératrice auront un libre accès,
Tout mortel jouira du bonheur de fa vue ,
Nicéphore à moi seul l’aurait-il défendue?
Etsuis-je un criminel à ses regards jaloux (c)
Dès qu’on l’a fait César , 8c qu’il est votre époux ?Enorgueilli surtout de cet hymen auguste,
L’excès de son bonheur le rend-il plus injuste ?Irene.
II est mon souverain.
4 Alexis.
Non : il n’était pas néPour me ravir le bien qui m’était destiné :
II n’en était pas digne ; 8c le sang des ComnènesNe vous fut point transmis pour servir dans ses chaînes.Ou'il gouverne, s’il peut, de ses sévères mainsCet empire , autrefois l’empire des Romains,
Qu’aux campagnes cleThrace, aux mers deTrébifondeTransporta Constantin pour le malheur du monde,
Et que j'ai défendu moins pour lui que pour vous.Qu’il règne, s’il le faut ; je n’en fuis point jaloux :
Je le fuis de vous feule, 8c jamais mon courageNe lui pardonnera votre indigne esclavage.