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Tome vingt-unieme.
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10 Bataille

lui voulût donner des avis. II manda dans unelettre quej’ai vue : J'eJpére prendre Turin à la Cohorn.Ce Cohorn était le Vauban des alliés , bon ingénieur,bon général , 8c qui avait pris plus d’une fois desplaces fortifiées par Vauban. Après une telle lettre,

11 fallait prendre Turin : mais l'ayant attaqué parla citadelle , qui était le côté le plus fort, 8c n’ayantpas même entouré toute la ville , des secours , desvivres pouvaient y entrer : le duc de Savoie pouvaiten sortir : 8c plus le duc de la Feuillade mettaitd’impétuosité dans des attaques réitérées 8c infruc-tueuses , plus le siège traînait en longueur.

Le duc de Savoie sortit de la ville avec quelquestroupes de cavalerie, pour donner le change au ducde la Feuillade. Celui-ci fe détache du siège pourcourir après le prince qui, connaissant mieux leterrain , échappe à ses poursuites. La Feuillademanque le duc de Savoie, 8c la conduite du siègeen souffre.

Bruits ridi- Presque tous les historiens ont assuré que le duc

à' de la Feuillade ne voulait point prendre Turin : ilsprétendent qu’il avait juré à madame la duchessede Bourgogne de respecter la capitale de son père ; ilsdébitent que cette princesse engagea M me de Main -tenon à faire prendre toutes les mesures qui furentle salut de cette ville. II est vrai que presque tousles officiers de cette armée en ont été long-tempspersuadés : mais c’était un de ces bruits populairesqui décréditent le jugement des nouvellistes 8c quidéshonorent les histoires. 11 eût été d’ailleurs biencontradictoire que le même général eût voulu man-quer Turin 8c prendre le duc de Savoie,