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Tome vingt-unieme.
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DE T U R I tf. 11

Depuis le 13 mai jusqu’au 20 juin, le duc deVendôme au bord de l’Adige favorisait ce siège ; 8c ilcomptait, avec soixante-dix bataillons 8c soixanteescadrons , fermer tous les passages au princeEugène.

Le général des impériaux manquait d’hommes 8cd’argent. Les merciers de Londres lui prêtèrentenviron six millions de nos livres : il fit enfin venirdes troupes des cercles de l’Empire. La lenteur deces secours eût pu perdre l’Italie ; mais la lenteurdu siège de Turin était encore plus grande.

Vendôme était déjà nommé pour aller réparer lespertes de la Flandre. Mais avant de quitter l’Italie,il souffre que le prince Eugène passe l’Adige : il luilaisse traverser le canal blanc , enfin le Pô même,fleuve plus large 8c en quelques endroits plus diffi-cile que le Rhône. Le général français ne quitta les Grandesbords du Pô qu’après avoir vu le prince Eugène fautes ‘en état de pénétrer jusqu’auprès de Turin. Ainsi illaissa les affaires dans une grande crise en Italie,tandis qu elles paraissaient désespérées en Flandre ,en Allemagne 8c en Espagne.

Le duc de Vendôme va donc rassembler vers Mons Duc JOr-les débris de l’armée de Villeroi; 8c le duc d’Orléans , lcaní 'neveu de Louis XIV, vient commander vers le Pôles troupes du duc de Vendôme. Ces troupes étaienten désordre , comme si elles avaient été battues.

Eugène avait passé le Pô à la vue de Vendôme : ilpasse le Tanaro aux yeux du duc d’Orléans; ilprend Carpi , Corregio, Reggio ; il dérobe unemarche aux Français ; enfin il joint le duc de Savoieauprès d’Asti. Tout ce que put faire le duc d’Orléans,