DEROUTE A OUDENARDE. 27
long-temps espagnol, fatigué de garnisons hollan-daises , & où beaucoup de citoyens penchaient pourPhilippe V. Des intelligences lui ouvrirent les portesde Gand Sc d’Ypres : mais les manœuvres de guerrefirent évanouir le fruit des manœuvres de politique.La division, qui mettait de l’incertitude dans leconseil de guerre, fit que d’abord on marcha vers laDendre, Sc que deux heures après on rebroussa versl’Escaut, à Oudenarde : ainsi on perdit du temps.On trouva le prince Eugène Sc Marlborough qui n’enperdaient point, Sc qui étaient unis. On fut mis endéroute vers Oudenarde ; ce n'était pas une grandebataille, mais ce fut une fatale retraite. Les fautes femultiplièrent. Les régimens allaient où ils pouvaientfans recevoir aucun ordre. II y eut même plus dequatre mille hommes qui furent pris en chemin parl’armée ennemie, à quelques milles du champ debataille.
L’armée découragée fe retira fans ordre, fousGand, fous Tournai, fous Ypres, Sc laissa tranquil-lement le prince Eugène , maître du terrain, assiégerLille avec une armée moins nombreuse.
Mettre le siège devant une ville aussi grande Sc aussifortifiée que Lille, sans être maître de Gand , fanspouvoir tirer ses convois que d’Ostende, fans lespouvoir conduire que par une chaussée étroite , auhasard d’être à tout moment surpris ; c’est ce quel’Europe appela une action téméraire , mais que lamésintelligence Sc l'esprit d’incertitude, qui régnaientdans l’armée française, rendirent excusable. C’estenfin ce que le succès justifia. Leurs grands convois ,qui pouvaient être enlevés , ne le furent point. Les
Défaite àOudenarde,11 juillet1708.
Siéce deLille.