Grandetresse deFrance.
3 2 Malheurs de la France
La France était aussi humiliée que Rome, 8c plusen danger: les ressources s’épuisaient ; le crédit étaitanéanti ; les peuples, qui avaient idolâtré leur roidans ses prospérités , murmuraient contre Louis XIVmalheureux.
dé- Des partisans , à qui le ministère avait vendu lala nation pour quelque argent comptant dans sesbesoins pressans, s engraissaient du malheur public ,8c insultaient à ce malheur par leur luxe. Ce qu’ilsavaient prêté était dissipé. Sans Findustrie hardiede quelques négocians, 8c surtout de ceux de Saint-Malo , qui allèrent au Pérou, 8c rapportèrent trentemillions dont ils prêtèrent la moitié àl’Etat, Louis XIVn’aurait pas eu de quoi payer ses troupes. La guerreavait ruiné la France, 8c des marchands la sauvèrent.II en sut de même en Espagne. Les galions , qui nefurent pas pris par les Anglais, servirent à défendrePhilippe. Mais cette ressource de quelques mois nerendait) pas les recrues de soldats plus faciles. Cha~millart , élevé au ministère des finances 8c de laguerre, se démit en 1708 des finances, qu’il laissadans un désordre que rien ne put réparer sous cerègne ; 8c en 1 7 09 il quitta le ministère de la guerre,devenu non moins difficile que F autre. On luireprochait beaucoup de fautes. Le public, d’autantplus sévère qu’il souffrait , ne songeait pas qu’il ya des temps malheureux où les fautes font iné-vitables. ( l ) Voisin qui après lui gouverna l’Etat
( l ) L’histoire de l’ex-jéfuite la Motte , rédigée par la Martinière , ditque Ckamillart fut destitué du ministère des finances en 1703 , & que la voixpublique y appela le maréchal i'Hauourt . Les fautes de cet historien fontfans nombre.
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