VlLLARS SAUVE LA FRANCE. 6l
Ceux qui savent qu’un curé, 8c un conseillerde Douai nommé k Févre d'Orval , se promenantensemble vers ces quartiers , imaginèrent les pre-miers qu’on pouvait aisément attaquer Dénain 8cMarchiènes , serviront mieux à prouver par quelssecrets Sc faibles ressorts les grandes affaires de cemonde font souvent dirigées. Le Févre donna sonavis à l’intendant de la province ; celui-ci au maré-chal de Montejquiou qui commandait fous le maréchalde Villars; le général l’approuva 8c l’exécuta. Cetteaction fut en effet le salut de la France, plus encoreque la paix avec fAngleterre. Le maréchal de Villarsdonna le change au prince Eugène. Un corps dedragons s’avança à la vue du camp ennemi, commesi l’on se préparait à l’attaquer ; 8c tandis que cesdragons se retirent ensuite vers Guise, le maréchalmarche à Dénain avec son armée sur cinq colonnes.On force les retranchemens du général Albemarle ,défendus par dix-sept bataillons ; tout est tué oupris. Le général se rend prisonnier avec deux princesàtJVaJfau , un prince de Holstein , un prince d’Anhalt8c tous les officiers. Le prince Eugène arrive à la hâte,mais à la fin de faction, avec ce qu’il peut amenerde troupes ; il veut attaquer un pont qui conduisaità Dénain 8c dont les Français étaient maîtres ; il yperd du monde , 8c retourne à son camp après avoirété témoin de cette défaite.
Tous les postes vers Marchiènes, le long de laScarpe, font emportés f un après fau tre avec rapi-dité. On pousse à Marchiènes défendue par quatremille hommes ; on en presse le siège avec tant devivacité qu’au bout de trois jours on les fait
Combat dcDénain , Stprospérités.
24 juillet1712-
$0 juillet1712*