Septembre8c octobre1712.
62 Traité d’Utrecht.
prisonniers, 8c qu’on se rend maître de toutes lesmunitions de guerre 8c de bouche, amassées parlesennemis pour la campagne. Alors toute la supério-rité est du côté du maréchal de Villars. L’ennemidéconcerté lève le siège de Landreci, 8c voit reprendreDouai, le Quênoi, Bouchain. Les frontières font enfureté. L’armée du prince Eugène se retire, diminuéede près de cinquante bataillons, dont quarante furentpris , depuis le combat de Dénain jusqu’à la fin dela campagne. La victoire la plus signalée n’aurait pasproduit de plus grands avantages.
Si le maréchal de Villars avait eu cette faveurpopulaire qu’ont eue quelques autres généraux , onl’eût appelé à haute voix le rejlaurateur de la France;mais on avouait à peine les obligations qu’on luiavait ; 8e dans la joie publique d’un succès inespéré,l’envie prédominait encore, (x)
( x ) Le maréchal de Villars cut à Versailles une partie de l’apparte-ment qu’avait occupé Monseigneur , 8e le roi vint Ty voir. L’auteur desmémoires de Maintenon , qui confond tous les temps, dit tome V,page 119 de ces mémoires , que le maréchal de Villars arriva dans lesjardins de Marli, 8c que le roi lui ayant dit qu’il était tris-contcnt de lui , lemaréchal Je tournant vers les courtisans , leur dit : Mejfieurs , au moins vousVentende z. Ce conte , rapporté dans cette occasion , ferait tort à un hommequi venait de rendre dc si grands services. Ce n'est pas dans ces momensdc gloire qu’on fait ainsi remarquer aux courtisans que le roi est content.Cette anecdote défigurée est de Tannée 1711. Le roi lui avait ordonnéde ne point attaquer le duc de Marlborovgh. Les Anglais prirent Bouchain.On murmurait contre le maréchal de Villars . Ce fut âpres cette campagnede 1711 que le roi lui dit qu’il était content ; 8e c’est alors qu’il pouvaitconvenir à un générai d'impofer silence aux reproches des courtisans ,en leur disant que son souverain était satisfait de fa conduite, quoiquemalheureuse.
Ce fait çst très-peu important ; mais il faut de la vérité dans les pluspetites choses.
A\ U* Qû voit, par des lettres écrites dans ce temps-là , qu à la première