Paix d’Utrecht. 65
pour leur religion. C’était dicter des lois, mais deslois bien respectables.
Enfin la rein c Anne, sacrifiant à sa patrie les droitsde son sang & les secrètes inclinations de son cœur,se fait assurer Sc garantir sa succession à la maison deHanovre.
Quant aux électeurs de Bavière 8c de Cologne,le duc de Bavière devait retenir le duché de Luxem-bourg Sc le comté de Narnur, jusqu’à ce que sonfrère Sc lui fussent rétablis dans leurs électorats ;car l’Espagne avait cédé ces deux souverainetés aubavarois en dédommagement de ses pertes, Sc lesalliés n’avaient pris ni Namur ni Luxembourg.
Pour la France , qui démolissait Dunkerque Scqui abandonnait tant de places en Flandre, autrefoisconquises par ses armes , Sc assurées par les traitésde Nimègue Sc de Rysvick, on lui rendait Lille ,Aire, Béthune Sc Saint-Venant.
Ainsi il paraissait que le ministère anglais rendaitjustice à toutes les puissances. Mais les Wighs ne lalui rendirent pas ; Sc la moitié de la nation persécutabientôt la mémoire de la reine Anne , pour avoir faitle plus grand bien qu’un souverain puisse jamaisfaire, pour avoir donné le repos à tant de nations.On lui reprocha d’avoir pu démembrer la FranceSc de ne Lavoir pas fait. (y)
( y ) La reine Anne envoya au mois d’août son secrétaire d’Etat le vicomtede Bolingbrokc consommer la négociation. Le marquis de Torci fait un très-grand éloge de ce ministre , 8c dit que Louis XIV lui fit Paccueil qu’il luidevait. En effet il fut reçu à la cour comme un homme qui venait donnerla paix ; & lorsqu’il vint à Popéra , tout le monde se leva pour lui fairehonneur : c’est donc une grande calomnie dans les mémoires de Maintenon
Siécle de Louis XJV. Tom. II. E