jusqua la mort de Louis XIV. 79
Nous verrons dans les chapitres réservés à lavie privée 8c aux anecdotes, comment mourut LouisXIV au milieu des cabales odieuses de son confes-seur , 8c des plus méprisables querelles théologiquesqui aient jamais troublé des esprits ignorans 8cinquiets. Mais je considère ici l’état où il laissal’Europe.
La puissance de la Ruífie s’affermissait chaquejour dans le Nord, 8c cette création d’un nouveaupeuple 8c d’un nouvel empire était encore tropignorée en France, en Italie 8c en Espagne.
La Suède, ancienne alliée de la France, Sc autre-fois la terreur de la maison d’Autriche, ne pouvaitplus se défendre contre les Russes , Sc il ne restait àCharles XII que de la gloire.
Un simple électorat d’Allemagne commençait àdevenir une puissance prépondérante. Le second roide Prusse , électeur de Brandebourg , avec de l’éco-nomie 8c une armée , jetait les fondemens d unepuissance jusque-là inconnue.
La Hollande jouissait encore de la considérationqu’elle avait acquise dans la dernière guerre contreLouis XIV : mais le poids qu’elle mettait dans labalance devint toujours moins considérable. L’An-gleterre, agitée de troubles dans les premières annéesdu règne d’un électeur de Hanovre, conserva toutesa force 8c toute son influence. Les Etats de la maisond’Autriche languirent sous Charles VI; mais la plupartdes princes de l’Empire firent fleurir leurs Etats.L’Espagne respira sous Philippe V, qui devait sontrône à Louis XIV. L’Italie fut tranquille jusqu’à