Band 
Tome vingt-unieme.
Seite
117
JPEG-Download
 

ET ANECDOTES. I 1 7

Dès-lors il ne dansa plus en public: 8c le poèteréforma le monarque. Son union avec madame laduchesse de la Vallière subsistait toujours, malgré lesinfidélités fréquentes qu’il lui fesait. Ces infidélitéslui coûtaient peu de foins. 11 ne trouvait guère defemmes qui lui résistassent , 8c revenait toujours àcelle qui par la douceur 8c par la bonté de son carac-tère , par un amour vrai, 8c même par les chaînesde l’habitude, savait subjugué sans art. Mais dèsl’an 1669 elle s’aperçut que madame de Montefpanprenait de l’ascendant ; elle combattit avec sa douceurordinaire ; elle supporta le chagrin d’être témoinlong-temps du triomphe de fa rivale ; 8c fans presquese plaindre , elle se crut encore heureuse, dans fadouleur, d’être considérée du roi qu’elle aimait tou-jours, Sc de le voir fans en être aimée.

Enfin, en 1675, elle embrassa la ressource des âmestendres, auxquelles il faut des sentimens vifs 8c profondsqui les subjuguent. Elle crut que Dieu seul pouvaitsuccéder dans son cœur à son amant. Sa conversionsut austì célébré que sa tendresse. Elle se fit carméliteà Paris , 8c persévéra. Se couvrir d’un cilice, marcherpieds nus, jeûner rigoureusement, chanter la nuit auchœur dans une langue inconnue ; tout cela ne rebutapoint la délicatesse d une femme accoutumée à tantde gloire, de mollesse 8cde plaisirs. Elle vécut dans cesaustérités depuis 1675 jufqu’en 1710, fous le nomseul de sœur Louife de la miséricorde. Un roi qui puniraitainsi une femme coupable serait un tyran ; 8c c’estainsi que tant de femmes se sont punies d’avoir aimé.II n’y a presque point d’exemples de politiques quiaient pris ce parti rigoureux. Les crimes de la politique

H Z

Racineet Icau-se que LouisXIV nedanseplus fur lethéâtre.