Empoisonne m en s. 127
chevalier de Malcirc de vingt ans, qui est à Rome,d’acheter à Paris la mort d'une grande princesse.
II n’est que trop vrai qu’une faiblesse & uneindiscrétion du vicomte de Turenne avaient été lapremière cause de toutes ces rumeurs odieuses ,qu’on se plaît encore à réveiller. II était à soixanteans l’amant de M me de Coatquen & sa dupe, commeil Pavait été de M me de Longueville. II révéla à cettedame le secret de l’Etat, qu’on cachait au frère duroi. M me de Coatquen , qui aimait le chevalier deLorraine, le dit à son amant : celui-ci en avertitMonsieur. L’intérieur de la maison de ce prince futen proie à tout ce qu’ont de plus amer les reproches8c les jalousies. Ces troubles éclatèrent avant levoyage de Madame. L’amertume redoubla à sonretour. Les emportemens de Monsieur, les querellesde ses favoris avec les amis d t Madame, remplirentfa maison de confusion Sc de douleur. Madame ,quelque temps avant fa mort, reprochait avec desplaintes douces 8c attendrissantes, à la marquise deCoatquen , les malheurs dont elle était cause. Cettedame , à genoux auprès de son lit, 8c arrosant sesmains de larmes , ne lui répondit que par ces versde Vencesas :
J’allais... j’étais... l’amour a fur moi tant d’empire.
Je m’égare, Madame, Sc ne puis que vous dire...
Le chevalier de Lorraine, auteur de ces. dissensions ,fut d’abord envoyé par le roi à Pierre-en-Scize ; lecomte de Marsan de la maison de Lorraine , 8c lemarquis depuis maérchal de Villeroi furent exilés.Enfin on regarda comme la fuite coupable de ces
Indiscrétionde Turennecauscdes mal-heurs de Ma-dame , & delousces bruitsodieux.