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Tome vingt-unieme.
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iZ6 Reine d’Espa g.n e.

aimait son pays, Sc qu’elle pouvait empêcher le roison mari de se déclarer pour les alliés contre laFrance. (13) On lui envoya même de Versailles dece qu’on croît du contre-poison ; précaution très-incertaine , puisque ce qui peut guérir une espècede mal peut envenimer l’autre, 8c qu'il n’y a pointd’antidote général. Le contre-poison prétendu arrivaaprès fa mort. Ceux qui ont lu les mémoires com-pilés par le marquis de Dangeau trouveront que leroi dit en soupant : La reine d’Espagne est mortej» empoisonnée dans une tourte d’anguille : la com-J 5 teste de Pcrnits , les caméristes lapata 6 c Mina,jj qui en ont mangé après elle, sont mortes du>5 même poison. ,1

Après avoir lu cette étrange anecdote dans cesmémoires manuscrits, qu’on dit faits avec soin parun courtisan qui n’avait presque point quittéLouis XIV pendant quarante ans, je ne laissai pasd’être encore en doute : je m’informai à d’anciensdomestiques du roi s’il était vrai que ce monarque,toujours retenu dans ses discours , eût jamais pro-noncé des paroles si imprudentes. Ils m’assurèrenttous que rien n’était plus faux. Je demandai àM rae la duchesse de Saint-Pierre , qui arrivait d’Es-pagne , s’il était vrai que ces trois personnes fussentmortes avec la reine ; elle me donna des attestationsque toutes trois avaient survécu long-temps à leurmaîtresse. Enfin je fus que ces mémoires du marquisde Dangeau , qu’on regarde comme un monument

( 13 ) On voit dans les mémoires de Saìni-Philippe qu’on croyait enEspagne qu’elle avait averti Louis XIV de l’impuiflance de Charles II , seulsecret d’Etàt dont cette reine infortunée pût être instruite.