M O N T E S P A N.
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lassitude de la contrainte mettaient quelquefois dansleurs entretiens. ( uu ) Elles convinrent de faire ,chacune de leur côté, des mémoires de tout ce quife passait à la cour. L’ouvrage ne fut pas pousséfort loin. Madame de Monttjpan fe plaisait à lirequelque chose de ces mémoires à ses amis, dans lesdernières années de fa vie. La dévotion, qui se mêlaità toutes ses intrigues secrètes, affermissait encore lafaveur de madame de Mainíenon , Sc éloignait madamede Monttjpan. Le roi se reprochait son attachementpour une femme mariée / 8c sentait surtout ce scrupuledepuis qu’il ne sentait plus d’amour. Cette situationembarrassante subsista jusqu’en 1685 , année mémo-rable parla révocation de l’édit de Nantes. On voyaitalors des scènes bien différentes : d’un côté le déses-poir Sc la fuite d une partie de la nation ; de l'autre ,de nouvelles fêtes à Versailles ;Trianon Sc Marli bâtis ;la nature forcée dans tous ces lieux de délices , Scdes jardins où Fart était épuisé. Le mariage du petit-sils du grand C ondé avec mademoiselle de Mantes ,fille du roi 8c de madame de Monttjpan , fut le derniertriomphe de cette maîtresse > qui commençait à seretirer de la cour.
( uu ) Les mémoires donnés fous le nom de madame de Maintenonrapportent qu’elledit à madame de Montespan , en parlant de ses rêves ;JW rivé que nous étions fur le grand escalier de Versailles ; je montais , vousdescendiez : je m'élevais jufqu'aux nues , vous allâtes à Fontevraud . Ce conte estrenouvelé d’après le fameux duc d'Eptrnon , qui rencontra le cardinal deRichelieu fur Tefcalier du louvre , l’année 1624. Le cardinal lui demandaí’il n’y avait rien de nouveau ? Non , lui dit le duc ,smon que vous montez ,ò* je descends. Ce conte est gâté en ajoutant que d’un escalier on s’élevajufqu'aux nues. II faut remarquer que dans presque tous les livres d’anec-dotes, dans les ana , on attribue presque toujours à ceux qu’on fait parlerdes choses dites un siècle S; même plusieurs siècles auparavant.