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Tome vingt-unieme.
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Soupçons de poison, i6i

été témoin pour le croire. Plusieurs écrits 8c quelquesmalheureuses histoires de Louis XIV éterniseraientles soupçons , si des hommes instruits ne prenaientfoin de les détruire. J’ose dire que, frappé de touttemps de 1 injustice des hommes, j’ai fait bien desrecherches pour savoir la vérité. Voici ce que m’arépété plusieurs fois le marquis de Canìllac , l’un desplus honnêtes hommes du royaume , intimementattaché à ce prince soupçonné, dont il eut depuisbeaucoup à se plaindre. Le marquis de Canillac, aumilieu de cette clameur publique, va le voir dansson palais. II le trouve étendu à terre, versant deslarmes, aliéné par le désespoir. Son chimiste Hombergcourt se rendre à la bastille pour se constituer pri-sonnier : mais on n’avait point d’ordre de le recevoir ;on le refuse. Le prince (qui le croirait?) demandelui-même, dans l’excès de fa douleur, à être misen prison; il veut que des formes juridiques éclair-cissent son innocence ; sa mère demande avec lui cettejustification cruelle. La lettre de cachet s’expédie ;mais elle n est point signée : 8c le marquis de Canillac,dans cette émotion d’efprit, conserva seul assez de sang-froid pour sentir les conséquences d’une démarchesi désespérée. II fit que la mère du prince s’opposaà cette lettre de cachet ignominieuse. Le monarquequi l’accordait, 8c son neveu qui la demandait ,étaient également malheureux. (A)

(k) L’auteur de la vie du duc d 'Orléans est Je premier qui aitparlé de ces soupçons atroces : c’était un jésuite nommé la Motte , le mêmequi prêcha à Rouen contre ce prince pendant sa régence , qui se réfugiaensuite en Hollande sous le nom de la Hode . II était instruit de quelques faitspublics. II dit, tom. I, pag. 112 , que le prince fi injustement soup-çonné demanda à se constituer prisonnier ; &. ce fait est très-vrai. Ce jésuite

Siècle de Louis XIV. Tom. II. L