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Tome vingt-unieme.
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226 COLBERT.

On ne put dans les bonnes années vendre sesgrains que par une requête au conseil. Cette fataleadministration semblait excusable par l’expériencedu passé. Tout le conseil craignait que le commercedu-blé ne le forçât de racheter encore à grandsfrais des autres nations une denrée si nécessaire ,que l’intérêt Sc l’imprévoyance des cultivateursauraient vendue à vil prix.

Le laboureur alors, plus timide que le conseil, crai-gnit de se ruinera créer une denrée dont il ne pouvaitespérer un grand profit ; Sc les terres ne furent pasaussi bien cultivées qu’elles auraient dû l’être. Toutesles autres branches de Fadministration étant floris-sante^ , empêchèrent Colbtri de remédier au défaut dela principale.

C’estla seule tache de son ministère; elle est grande;mais ce qui f excuse , ce qui prouve combien il estmal-aisé de détruire les préjugés dans fadministrationfrançaise , 8c comme il est difficile de faire le bien ,c’estque cette faute,sentie par tous les citoyens habiles,n’a été réparée par aucun ministre pendant centannées entières, jusqu’àl’époque mémorable de 1764,où un ministère plus éclairé a tiré la France d’unemisere profonde, en rendant le commerce des grainslibre , avec des restrictions à peu près semblablesà celles dont on use en Angleterre. (32)

( 32 ) Tout ministère fiscal 8c oppresseur se conforme nécessairementà Topinion de la populace pour toutes les lois qui ne se rapportentpoint directement à Tinteret du fisc. 11 est également de rinlérèt descorps intermédiaires de flatter Topinion populaire. Ces motifs joints àì’ignorance ont déterminé les mauvaises lois fur le commerce des blés :8 c les mauvaises lois ont contribué à fortifier les préjugés. On croyaitarrêter ce qu'on appelle monopole , Sc on empêchait les emmagaúnemens,