E -X O Q, U E N C E. 257
Discours fur l'hijloire universelle , composé pour l’édu-cation du dauphin, n’a eu ni modèle ni imitateurs.
Si le système qu’il adopte pour concilier la chronologiedes juifs avec celle des autres nations, a trouvé descontradicteurs chez les savans , son style n’a trouvéque des admirateurs. On fut étonné de cette forcemajestueuse dont il décrit les mœurs, le gouverne-ment , l’accroilTement 8c la chute des grands empires ;
8c de ces traits rapides d une vérité énergique dontil peint 8c dont il juge les nations.
Presque tous les ouvrages qui honorèrent ce siècle íMionétaient dans un genre inconnu à l’antiquité. Le Télé-maque est de ce nombre. Fénélon, le disciple, l’ami deBossuet , 8c depuis devenu malgré lui son rival Sc sonennemi, composa ce livre singulier, qui tient à lafois du roman 8c du poème, 8c qui substitue une prosecadencée à la versification. II semble qu’il ait voulutraiter le roman comme monsieur de Meaux avaittraité l’histoire , en lui donnant une dignité 8c descharmes inconnus, 8c surtout en tirant de ces fictionsune morale utile au genre-humain ; morale entière-ment négligée dans presque toutes les inventionsfabuleuses. On a cru qu’il avait composé ce livre pourservir de thèmes 8c d’instruction au duc de BourgogneSeaux autres enfans de France, dont il fut précepteur;ainsi que Bossuet avait fait son Histoire universelle pourl’éducation de Monseigneur. Mais son neveu le marquisde Fénélon, héritier de la vertu de cet homme célébré,
8c qui a été tué à la bataille de Rocoux, m’a assuréle contraire. En effet, il n’eût pas été convenable queles amours de Calypso 8c à'Eucharis eussent été les
Siécle de Louis XIV. Tom. II.
R