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premières leçons qu’un prêtre eût données aux enfansde France.
II ne fit cet ouvrage que lorsqu’il fut relégué dansson archevêché de Cambrai. Plein de la lecture desanciens, 8cné avec une imagination vive 8c tendre, ils’était fait un style qui n’était qu’à lui , 8c qui coulaitde source avec abondance. J’ai vu son manuscritoriginal : il n’y a pas dix ratures. II le composa entrois mois au milieu de ses malheureuses disputesfur le quiétisme ; ne se doutant pas combien ce délas-sement était supérieur à ces occupations. On prétendqu’un domestique lui en déroba une copie qu’il fitimprimer : si cela est, l’archevêque de Cambrai dut àcette infidélité toute la réputation qu’il eut en Europe ;mais il lui dut aufiì d’être perdu pour jamais à lacour. On crut voir dans le Télémaque une critiqueindirecte du gouvernement de Louis XIV. Sèjojlris quitriomphait avec trop de faste, Idoménée qui établissaitle luxe dans Salente 8c qui oubliait le nécessaire ,parurent des portraits du roi ; quoiqu’après tout il soitimpossible d’avoir chez soi le superflu que par lasurabondance des arts de la première nécessité. Lemarquis de Louvois semblait, aux yeux des mécontens,représenté , sous le nom de Protéjilas , vain, dur, hau-tain , ennemi des grands capitaines qui servaientl’Etat 8c non le ministre.
Les alliés , qui dans la guerre de 1688 s’unirentcontre Louis XIV , qui depuis ébranlèrent son trônedans la guerre de 1 701, se firent une joie de le recon-naître dans ce même Idoménée , dont la hauteur révoltetous ses voisins. Ces allusions firent des impressionsprofondes, à la faveur de ce style harmonieux , qui