Des arts.
278
parler de la chirurgie , dont les progrès furent íìrapides 8c si célébrés dans ce siècle, qu’on venaità Paris des bouts de l’Europe , pour toutes lescures 8c pour toutes les opérations qui demandaientune dextérité non commune. Non-seulement il n’yavait guère d'excellens chirurgiens qu’en France ;mais c’était dans ce seul pays qu’on fabriquaitparfaitement les inítrumens nécessaires : il enfournissait tous ses voisins ; 8c je tiens du célébréChejelden , le plus grand chirurgien de Londres ,que ce fut lui qui commença à faire fabriquer àLondres en 1715 les instrumens de son art. Lamédecine, qui servait à perfectionner la chirurgie ,ne s’éleva pas en France au-dessus de ce qu elleétait en Angleterre , 8c fous le fameux Boerhaave(n) en Hollande ; mais il arriva à la médecinecomme à la philosophie , d’atteindre à la perfectiondont elle est capable , en profitant des lumièresde nos voisins.
Voilà en général un tableau fidelle des progrèsde l'efprit humain chez les Français dans ce siècle,qui commença au temps du cardinal de Richelieu ,Sc qui finit de nos jours. II fera difficile qu’il soitsurpassé ; 8c s’il l est en quelques genres, il resterale modèle des âges encore plus fortunés , qu'ilaura fait naître,.
( r r ) Chez les Hollaadais la diphtongue oc sc prononce ou.