Richesses. 293
A ces bénéfices qui payent des annales à Rome,ìl faut joindre les cures , les couvens, les collé-giales , les communautés & tous les autres bénéficesensemble. Mais s’ils font évalués à cinquante millionspar année dans toute l’étendue actuelle du royaume,on ne s’éloigne pas beaucoup de la vérité.
Ceux qui ont examiné cette matière avec desyeux aussi sévères qu’attentifs , n’ont pu porter lesrevenus de toute l’Eglise gallicane séculière Sc régu-lière au-delà de quatre-vingt-dix millions. Cen’est pas une somme exorbitante pour Fentretiende quatre-vingt-dix mille personnes religieuses &environ cent soixante mille ecclésiastiques, que Foucomptait en i 700. Et fur ces quatre-vingt-dix millemoines , il y en a plus d’un tiers qui vivent dequêtes Sc de messes. Beaucoup de moines conven-tuels ne coûtent pas deux cents livres par an à leurmonastère : il y a des moines abbés réguliers, quijouissent de deux cents mille livres de rentes. C’estcette énorme disproportion qui frappe Sc qui exciteles murmures. On plaint un curé de campagne dontles travaux pénibles ne lui procurent que fa portioncongrue de trois cents livres de droit en rigueur , &de quatre à cinq cents livres par libéralité, tandisqu’un religieux oisif, devenu abbé Sc non moins oisif,possède une somme immense, .Sc qu’il reçoit des titresfastueux de ceux qui lui font soumis. Ces abus vontbeaucoup plus loin en Flandre , en Espagne , Scsurtout dans les Etats catholiques d’Allemagne, oùl’on voit des moines princes. (41)
( 41 ) Cet article est la meilleure réponse que l’on puisse faire à ceuxqui ont accuse M. de Voltaire d'avoir sacrifié la vérité des détails historiques
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