Liberté gallicane. 305
4. Les décisions du pape, en matières de foi, nefont sûres qu’après que l’Eglise les a acceptées.
Tous les tribunaux 8c toutes les facultés de théo-logie enregistrèrent ces quatre propositions dans touteleur étendue ; Sc il fut défendu par un édit de rienenseigner jamais de contraire.
Cette fermeté fut regardée à Rome comme unattentat de rebelles , Sc par tous les protestans del’Europe comme un faible effort d une Eglise néelibre, qui ne rompait que quatre chaînons de ses fers.
Les quatre maximes furent d’abord soutenues avecenthousiasme dans la nation , ensuite avec moins devivacité. Sur la fin du règne de Louis XIV elles com-mencèrent à devenir problématiques ; Sc le cardinalde Fleuri les fit depuis désavouer en partie par uneassemblée du clergé, sans que ce désaveu causât lemoindre bruit , parce que les esprits n’étaient pasalors échauffés , Sc que dans le ministère du cardinalde Fleuri rien n’eut de l’éclat. Elles ont repris enfinune grande vigueur.
Cependant Innocent X/s’aigrit plus que jamais : il Innocent XIrefusa des bulles à tous les évêques 8c à tous les abbés 'ImisXiV.commendataires que le roi nomma ; de forte qu’à lamort de ce pape en 168g , il y avait vingt-neufdiocèses en France dépourvus d’évêques. Ces prélatsn’en touchaient pas moins leurs revenus , mais ilsisolaient se faire sacrer, ni faire les fonctions épisco-pales. L’idée de créer un patriarche se renouvela.
La querelle des franchises des ambassadeurs à Rome,qui acheva d’envenimer les plaies , fit penser qu’enfinle temps était venu d’établir en France une Eglisecatholique - apojlolique , qui ne serait point romaine.
Siècle de Louis XIV. Tome II. V