324 PERSECUTIONS.
Enfin les huguenots osèrent désobéir en quelques1682. endroits. 11 s s’assemblèrent dans le Vivarais 8c dans leDauphiné, près des lieux où l'on avait démoli leurstemples. On les attaqua, ils se défendirent. Cen’était .qu’une très-légère étincelle du feu des anciennesguerres civiles. Deux ou trois cents malheureux, fanschef, fans places , 8c même fans desseins , furent dis-persés en un quart-d’heure : les supplices suivirentleur défaite. L’intendant du Dauphiné fit rouer lepetit-fils du pasteur Charnier qui avait dressé l’édit deNantes. II est au rang des plus fameux martyrs de lasecte, 8c ce nom de Charnier a été long-temps en véné-ration chez les protestans.
Trédicans L’intendant du Languedoc fit rouer vif le prédicantll j S g S3 Chomel. On condamna trois autres au même supplice,8c dix à être pendus : la fuite qu’ils avaient prise lessauva , 8c ils ne furent exécutés qu’en effigie.
Tout cela inspirait la terreur , 8c en même tempsaugmentait l'opiniâtreté. On fait trop que les hommesRattachent à leur religion à mesure qu’ils souffrentpour elle.
Ce fut alors qu'on persuada au roi qu’après avoirenvoyé des missionnaires dans toutes les provinces,il fallait y envoyer des dragons. Ces violences parurentfaites à contre-temps ; elles étaient les fuites del’efpritqui régnait alors à la cour , que tout devait fléchir aunom de Louis XIV. On ne songeait pas que les hugue-nots n’étaient plus ceux dejarnac , de MoncontourSc de Coutras ; que la rage des guerres civiles étaitéteinte ; que cette longue maladie était dégénérée enlangueur ; que tout n’a qu'un temps chez les hommes ;que si les pères avaient été rebellés fous Louis XIII ,