Cruautés. Edit révoqué. 327
étrangers jettent encore des cris fur cette persécutionde leurs pères. Ils la comparent aux plus violentes quesouffrit l’Eglife dans les premiers temps.
C’était un étrange contraste que, du sein d’unecour voluptueuse, où régnaient la douceur des mœurs,les grâces , les charmes de la société , il partît desordres si durs Sc si impitoyables. Le marquis de Louvoisporta dans cette affaire l’inflexibilité de son caractère ;on v reconnut le même génie , qui avait voulu ense-velir la Hollande sous les eaux, Sc qui depuis mitle Palatinat en cendres. 11 y a encore des lettres defa main de cette année 1685 , conçues en ces termes :
,, Sa majesté veut qu’on fasse éprouver les dernières Lettre apos-,, rigueurs à ceux qui ne voudront pas se faire de sa l ° lK l ue de
0 * ^ . Louvois.
33 religion ; Sc ceux qui auront la sotte gloire de vou-
,, loir demeurer les derniers , doivent être poussés
35 jusqu’à la dernière extrémité. 3,
Paris ne fut point exposé à ces vexations ; les crisse seraient fait entendre au trône de trop près. Onveut bien faire des malheureux , mais on souffred’entendre leurs clameurs.
Tandis qu’on fesait ainsi tomber par-tout les temples, Edit deSc qu’on demandait dans les provinces des abjura- Nantes rev °-tions à main armée , l’édit de Nantes fut enfin 1G85.cassé au mois d’octobre 1685 ; Sc on acheva de ruinerl'édifice , qui était déjà miné de toutes parts.
La chambre de l’édit avait déjà été supprimée. 11fut ordonné aux conseillers calvinistes du Parlementde se défaire de leurs charges. Une foule d’arrêts duconseil parut coup sur coup , pour extirper les restesde la religion proscrite. Celui qui paraissait le plus
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