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Tome vingt-unieme.
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328 Refuges des protestans.

fatal, fut Tordre d’arracher les enfans aux prétendusréformés , pour les remettre entre les mains des plusproches parens catholiques ; ordre contre lequel lanature réclamait à si haute voix qu’il ne fut pasexécuté.

Mais dans ce célébré édit qui révoqua celui deNantes, il paraît qu’on prépara un événement toutcontraire au but qu’on s’était proposé. On voulaitla réunion des calvinistes à l’Eglise dans le royaume.Gourville, homme très-judicieux, coníultépar Louvois,lui avait proposé , comme on sait, de faire enfermertous les ministres, 8c de ne relâcher que ceux qui,gagnés par des pensions secrètes , abjureraient enpublic , 8c serviraient à la réunion plus que desmissionnaires 8c des soldats. Au lieu de suivre cetavis politique , il fut ordonné par l’édit à tous lesministres qui ne voulaient pas fe convertir de sortirdu royaume dans quinze jours. C’était s’aveugler ,que de penser qu’en chassant les pasteurs, une grandepartie du troupeau ne suivrait pas. C’était bien pré-sumer de sa puissance, 8c mal connaître les hommes,de croire que tant de cœurs ulcérés 8c tant d’imagi-nations échauffées par l’idée du martyre, surtout dansles pays méridionaux de la France , ne s’exposeraientpas à tout , pour aller chez les étrangers publierleur constance 8c la gloire de leur exil , parmi tantde nations envieuses de Louis XIV, qui tendaientles bras à ces troupes fugitives.

Le vieux chancelier le Tellier , en signant l’édit,s’écria plein de joie : JViinc dimittis Jervum tuum ,Domine , quia vidermt oculi mei Jalutare tuum. II ne