PROPHETIES. 335
Cette rébellion fut excitée par des prophéties. Les Rebelles Scprédictions ont été de tout temps un moyen dont on P ro P llclcs -s’est servi pour séduire les simples, 8c pour enflammerles fanatiques. De cent événemens que la fourberieose prédire, si la fortune en amène un seul, les autresfont oubliés, k celui-là reste comme un gage de lasaveur de Dieu, k comme la preuve d’un prodige.
Si aucune prédiction ne s’accomplit, on les explique,on leur donne un nouveau sens ; les enthousiastesf adoptent, 8c les imbécilles le croient
Le ministre Jurieu fut un des plus ardens pro-phètes. II commença par fe mettre au-dessus d’unCotterus, de je ne fais quelle Christine, d’un JuflusVelsius , d’un Drabitius , qu’il regarde comme gensinspirés de Dieu. Ensuite il se mit presque à côté desauteur de l’Apocalypse & de S 1 Paul; ses partisans,ou plutôt ses ennemis, firent frapper une médaille enHollande avec cette exergue, Jurius prophela.il promitla délivrance du peuple de Dieu pendant huit années.
Son école de prophétie s’était établie dans les mon-tagnes du Dauphiné, du Vivarais k des Cévènes ,pays tout propre aux prédictions , peuplé d’ignorans& de cervelles chaudes , échauffées par la chaleur duclimat, 8c plus encore par leurs prédicans.
La première école de prophétie fut établie dans une Prophètesverrerie , fur une montagne du Dauphiné , appelée vcnieiî 'Péira; un vieil huguenot, nommé àtSerre, y annonçala ruine de Babylone , & le rétablissement de Jérusa-lem. II montrait aux enfans les paroles de l’Ecriture ,qui disent : ,, Quand trois ou quatre font assembléss 5 en mon nom, mon esprit est parmi eux ; 8c avec unm grain de foi on transportera des montagnes, u