Cruautés. 337
était de distribuer le pain de la parole à ses frères. Onlui demanda si les apôtres avaient écrit des projetspour faire révolter des provinces : on lui montra sonfatal écrit, 8c les juges le condamnèrent tous d’unevoix à être roué vif. II mourut comme mouraient les 1698.premiers martyrs. Toute la secte, loin de le regardercomme un criminel d’Etat, ne vit en lui qu’un saint,qui avait scellé sa foi de son sang ; 8c on imprima lemartyre de M. de Brouffon.
Alors les prophètes fe multiplient, 8c l’efprit defureur redouble. II arrive malheureusement qu’en1703 un abbé de la maison du Chaila , inspecteur desmillions, obtient un ordre de la cour de faire enfermerdans un couvent deux filles d’un gentilhomme nouveauconverti. Au lieu de les conduire au couvent, il lesmène d’abord dans son château. Les calvinistes s’at-troupent : on enfonce les portes : on délivre les deuxfilles 8c quelques autres prisonniers. Les séditieux sai-sissent l’abbé du Chaila ; ils lui offrent la vie, s’il veutêtre de leur religion. II la refuse. Un prophète lui Prophètecrie : Meurs donc, lesprit te condamne, ton péché tjl contre a ^ a(lmS ‘toi : 8c il est tué à coups de fusil. Aussitôt après ilssaisissent les receveurs de la capitation, 8c les pendentavec leurs rôles au cou. De là ils fe jettent fur lesprêtres qu’ils rencontrent, 8c les massacrent. On lespoursuit : ils se retirent au milieu des bois 8c desrochers. Leur nombre s’accroît : leurs prophètes 8cleurs prophétcsses leur annoncent de la part de Dieule rétablissement de Jérusalem 8c la chute de Babilone.
Un abbé de la Bourlie paraît tout à coup au milieud’eux dans leurs retraites sauvages, 8c leur apportede l’argent 8c des armes.
Siècle de Louis XlV. Tom. II.
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