34° Traité
France. Mais cet exercice ne devait point être permisailleurs.
On acceptait ces conditions, quand des émissairesde Hollande vinrent en empêcher l’effet avec del’argent & des promesses. Ils détachèrent de Cavalierles principaux fanatiques : mais ayant donné ía paroleau maréchal de Villars, il la voulut tenir. II acceptale brevet de colonel , 8c commença à former sonrégiment avec cent trente hommes qui lui étaientaffectionnés.
J’ai entendu souvent de la bouche du maréchalde Villars , qu il avait demandé à ce jeune homme ,comment il pouvait à son âge avoir eu tant d’auto-rité sur des hommes si féroces Sc si indisciplinables.II répondit que , quand on lui désobéissait, la pro-phète sse , qu’on appelait la grande Marie , était sur lechamp inspirée , 8c condamnait à mort les réfractaires,qu’on tuait fans raisonner, {oo) Ayant fait depuisla même question à Cavalier , j’en eus la mêmeréponse.
Le garçon Cette négociation singulière se fêlait après la bataillet.aitcavec le de Hochstet. Louis XIV, qui avait proscrit le calvi-n:arcchai de n isme avec tant de hauteur, fit la paix , sous le nomd amnistie, avec un garçon boulanger ; 8c le maré-chal de Villars lui présenta le brevet de colonel 8ccelui d’une pension de douze cents livres.
Le nouveau colonel alla à Versailles ; il y reçutles ordres du ministre de la guerre. Le roi le vit, 8c
( oo ) Ce trait doit se trouver dans les véritables mémoires dumaréchal de Villars. Le premier tome est certainement de lui : il estconforme au manuscrit que j’ai vu : les deux autres font d’une mainétrangère k bi eu différente.