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Tome vingt-unieme.
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342 Supplices.

Conspira- On peut mettre au rang des plus grandes conspi-re;? 5 Pr °" râlions celle qu’ils formèrent de saisir dans Nîmesle duc de Berwick 8c l’intendant Bâville , de fairerévolter le Languedoc 8c le Dauphine, 8c d’y intro-duire les ennemis. Le secret fut gardé par plus demille conjurés. L’indiscrétion d’un seul fit toutdécouvrir. Plus de deux cents personnes périrent dans- les supplices. Le maréchal de Berwick fit exterminerpar le fer 8c par le feu tout ce qu’on rencontra deces malheureux. Les uns moururent, les armes à lamain, les autres fur les roues ou dans les flammes.Quelques-uns, plus adonnés à la prophétie qu’auxarmes, trouvèrent moyen d’aller en Hollande. Lesréfugiés français les y reçurent comme des envoyéscélestes. Ils marchèrent au-devant d’eux, chantantdes pfeaumes, 8c jonchant leur chemin de branchesd'arbres. Plusieurs de ces prophètes allèrent enAngleterre : mais trouvant que l’Eglife épiscopaletenait trop de l’Eglife romaine, ils voulurent faireProphètes dominer la leur. Leur persuasion était si pleine que ,Londres pro- ne àoutant pas qu'avec beaucoup de foi on ne fîtposemde res- beaucoup de miracles, ils offrirent de ressusciter unmort. 61 Un rriort, 8c même tel mort que l’pn voudrait choisir.

Par-tout le peuple est peuple ; 8c les presbytérienspouvaient fe joindre à ces fanatiques contre le clergéanglican. Qui croiraitqu’undesplusgrands géomètresde l’Europe, Fatio Duillier , 8c un homme de lettresfort savant, nommé Daudè , fussent à la tête de cesénergumènes ? Le fanatisme rend la science mêmesa complice, 8c étouffe la raison.

Le ministère anglais prit le parti qu’on aurait dûtoujours prendre avec les hommes à miracles. On