Molina vi-sionnaire.
346 Molinisme.
sans entrer dans aucun détail. Cette méthode tient dela suprême puissance, 8c laisse peu de prise à la dispute.Les docteurs de Couvain furent très-empêchés enrecevant la bulle ; il y avait surtout une phrase danslaquelle une virgule, mise à une place ou à une autre,condamnait ou tolérait quelques opinions de MichelBdïus. L’université députa à Rome pour savoir duS 1 Père où il fallait mettre la virgule. La cour de Rome,qui avait d’autres affaires , envoya pour toute réponseà ces Flamands un exemplaire de la bulle, dans lequelil n’y avait point de virgule du tout. On le déposadans les archives. Le grand-vicaire nommé Morillondit qu’il fallait recevoir la bulle du pape, quand mêmeil y aurait des erreurs. Ce Morillon avait raison enpolitique ; car assurément il vaut mieux recevoir centbulles erronées que de mettre cent villes en cendres,comme ont fait les huguenots 8c leurs adversaires.Bàius crut Morillon 8c se rétracta pailiblement.
Quelques années après , l’Eípagne, aussi fertile enauteurs scholastiques que stérile en philosophes , pro-duisit Molina le jésuite , qui crut avoir découvert pré-cisément comment Dieu agit sur les créatures, 8ccomment les créatures lui résistent. 11 distingua l’ordrenaturel 8c Tordre surnaturel, la prédestination à lagrâce 8c la prédestination à la gloire , la grâce préve-nante 8c la coopérante. II fut l’inventeur du concoursconcomitant, de la science moyenne 8c du congruisme.Cette science moyenne 8c ce congruisme étaient sur-tout des idées rares ; Dieu, par fa science moyenne,consulte habilement la volonté de l’homme , poursavoir ce que Thomme fera quand il aura eu sa grâce;8c ensuite, selon l’usage qu’il devine que fera le libre