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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Vous êtes trop éclairés et trop justes pour ne pas être con-vaincus de la sincérité de nos sentimens à cet égard, et pourdouter un moment que nous ne prenions toujours une bieiisensible part à la prospérité de la nation française.

L’événement fâcheux de l’arrestation et extradition de quatreIrlandais, source fatale de beaucoup'd’erreurs, de persécutions etd’injustices, semble avoir irrité le directoire au point de ne pasmême vouloir s’apercevoir, combien la conduite que nous avionstenue étoit irréprochable, et marquée au coin des plus grands,des plus attentifs égards et inénagemens pour le gouvernement dela République .

Un enchaînement fatal de circonstances des plus impérieusesne nous permet pas, il est vrai, de le satisfaire ; mais tout luiaVoit cependant prouvé que c’était bien malgré nous, et que si,pendant des années entières, nous avions donné de fortes preuvesd’attachement à la République , ce n'était pas au moins un sigrand tort, que d’avoir, dans un cas critique et difficile, montré dela confiance dans sa générosité et sa modération. Cependant,devant des hommes justes et équitables, des faits seuls doiventparler, et c’est pour vous les faire connaître, que nous prenonsla liberté, de vous en donner les détails les plus exacts dans cetexposé.

Parmi ces quatre hommes, nommés Napper Tandy , Blackwell,Morris et Peters, il n’y a que les deux premiers qui peuventfixer votre attention, les deux autres Morris et Peters, ont étéregardés constamment, par la légation de la République commede véritables sujets de la Grande Bretagne.

Dans aucun acte quelconque, dans aucune note officielle ounon officielle, il n’a été dit, que les deux nommés Morris etPeters fussent au service de la République , ou lui appartinsentd’une manière ou d’autre, par des rapports civils ou militaires.Le Ministre n’en a même jamais réclamé la liberté nommémentou individuellement. Tous les actes et notes ministérielles sebornent à demander explicitement la liberté de deux individusnommés Napper Tandy et Blackwell.

L’histoire n’offre pas d’exemple, qu’une puissance belligérentese soit crue autorisée à pouvoir protéger dans un Etat neutre lessujets avoués de son ennemi. Pour se le permettre, il a fallujusqu’à présent, qu’ils lui fussent au moins attachés par des lienscivils ou militaires.

Vous êtes trop justes, Citoyens Consuls, et incapables de nousfaire un crime de l'extradition de deux hommes, qui appartenoientincontestablement à une autre nation, et étoient absolumentétrangers à la République . Ce n’est que sur les faits, qui re-gardent l’arrestation et l’exlradition de Napper Tandy et Blackwell, que nous devons nous arrêter.

Vous nous permettrez de relever ici la précaution, que lasagesse du citoyen Grouvelle, Ministre de la République à la Courde Copenhague, jugea nécessaire à leur égard, et qui, si elle