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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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avoit été suivie par la légation Françoise dici, nous auroîiépargné bien des peines et tous les maux que les passions, leserreurs et les préventions nous ont suscités à leur égard. Ceministre éclairé qui, sans doute, respectoit trop le Gouvernementde Copenhague , pour en appréhender les moindres attentats, yjugea cependant leur .sûreté à ce point précaire, et les réclama-tions du Gouvernement Britannique à ce point fondées et légitimes,que pour mieux les soustraire aux recherches et réquisitions duMinistre de cette cour, il crût même nécessaire de leur donner sapropre demeure pour asyle.

Ils arrivent ici, usant, par un égarement inconcevable, dunstratagème qui seul devoit les exposer. Ils savent, ils voient quetous les Français républicains, et tous ceux qui sont au servicede la république, jouissent, non-seulement, de la plus grandesûreté dans notre ville, mais y sont même distingués et accueillisavec amitié, et oublient cependant, tout ce quils doivent à lafois, à eux-mêmes, à leur sûreté, à leur état, à leur honneur, et seglissent dans uotre ville, furtivement et comme des malfaiteurs,sous de faux noms et de faux caractères. Napper Tandy prendle nom de Joues, et se dit négociant venant de Philadelphie ;Blackwell prend celui de Barthélémy Blackfirst, et se dit égale-ment négociant venant de lAmérique .

Le ministre Britannique demande officiellement larrestation etextradition de deux hommes, sujets du Roi de la Grande-Bretagneet appelés Jones et Barthélémy.

Il est assez généralement connu quen Allemagne on ne se re-fuse pas aisément aux demandes ministérielles des cours étran-gères, qui réclament des personnes de leur nation. Le citoyenReinhard, ministre de la République, avoit bien trouvé la mêmefacilité de notre part.

Lofficier de police se présente le premier chez le nomméJones, se fait conuoîlre et lui demande son nom ; il dit senommer Jones. Sur cet aveu on lui annonce son arrestation àla demande du ministre dAngleterre, et comme sujet du Roi dela Grande-Bretagne. Il ne se déclare pas même alors, garde sonmasque, et se soumet sans murmures, sans explication ou pro-testation quelconque, aux réquisitions du Gouvernement Bri-tannique.

On trouve sur lui son épée aux armes Irlandoises.

Comment douter, après ceci, de la vérité ces déclarations duGouvernement Britannique? Comment supposer quun officier,au service de la république, se permettroit de porter une épéeaux armes Britanniques ? Cest ainsi que cet homme, de sonaveu appelé Jones, de son aveu négociant, et de son aveu, etpar des faits incontestables, sujet du Roi de la Grande-Bretagne,se livre lui-même, à la réquisition du ministre de ce Souverain, etse constitue son prisonnier.

Les arrêts avoient été annoncés de la même maniéré et avec lamême précaution, au nommé Barthélémy Blackfirst.