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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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(Moniteur, No. 143.)

C’est un usage très-ancien que de dire des injures à scs enne-mis. Les dieux d’Homere s'injurient l'un l’autre, ses héros seprovoquent au combat par des outrages. Les chants de guerredes sauvages sont composés d’injures comme le sont les manifes-tes des rois et les harangues des orateurs. L’usage qui autorise cesformes grossières veut aussi qu’on y attache peu d’importance. Lesarmes, et non les propos, font le destin des empires, et pour l’ordi-naire, la paix, soit qu’on l’accepte, soit qu'on l’impose, ne se dé-termine pas par la balance des invectives. Nous ne pouvons nierqu’en ce genre les Anglais n’eussent facilement sur nous l’avan-tage.

On a lu le discours que M. Grenville a prononcé au Parlementd’Angleterre. Voici comme s’exprimait, le 16 Nivôse, an 6, leConsul Lebrun, alors Membre du Conseil des Anciens, sur la ré-solution, du 9 du même mois, qui créait un emprunt de 80 mil-lions. Il était question alors d’une expédition en Angleterre,“ Scipion,” disait l’orateur, “ et ses invincibles légions atien-“ dent le signal qui doit les appuyer à une nouvelle, à une derniere“ entreprise.

“ Ce n’est point Carthage qu’ils veulent détruire ; ce n’est“ point une nation justement orgueilleuse d’une liberté tant de“ fois défendue et tant de fois conquise, fiere de tant de monu-“ mens élevés aux sciences et aux arts, de tant d’inventions qui“ ont fécondé son industrie, et qui enrichiront la nôtre, ce n’est“ point cette nation que menacent nos projets et nos héros.

“ De telles menaces seraient le délire d’une aveugle vengeance,“ et nos succès feraient gémir l’humanité ; digne rivale des Fran-" çais, que cette nation marche désormais unie avec eux vers le“ perfectionnement de l’espece humaine et le bonheur du monde.

“ Que ses citoyens attendent, tranquilles dans leurs foyers, des“ hommes qui sauront apprécier leur vertus, respecter leur indé-** pendance, et garantir leurs propriétés.”

Ainsi s’exprimait un représentant devenu depuis l’un des pre-miers magistrats de cette nation à qui l’on prête encore l'absurdeprojet de renverser tous les trônes.

“ Ce n’est pas,” ajoutait-il, “ des dépouilles des nations que“ veut s’enrichir le citoyen Français : le premier, le plus cher de“ ses vœux, c’est cette paix qui doit rendre le calme Su monde,“ et rappeler le bonheur sur cette terre trop long-temps ensang-“ lantée.

“ Il la veut honorable, digne de la cause qu’il défend, et des“ exploits qui l’ont illustré.

“ 11 la veut telle qu’il l’a trouvée à Campo-Formio, telle que la“ lui garantissent le courage et la sagesse du héros qui doit la“ conquérir et la dicter.

“ Puissent deux peuples dignes l’un de l’autre, éteindre dans" de mutuels embrassemens le souvenir de ces rivalités qu’aîlu-