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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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chose de funeste contre le premier consul, je pris les moyens dem’en assurer et voici ce qui est parvenu à ma connaissance.

Dans le courant fie Prairial, an S, on parla du départ du pre-mier consul, pour l’Italie . Alors, Desforges et ses adhérens for-mèrent le plan de faire déserter plusieurs grenadiers du consulat.

'Un individu dont j’ignore le nom, mais que je connais de vue, sechargea d’en cacher cinquante. -Je m’assurai bientôt que Desforges tramait ainsi, d’accord avecun comité composé de Aréna, frere du dernier représentant, Tou-lotte, Gombeau Lachaize, Pepin-Degronette, Metge, juvenot,Talot, Jumillard, Laiguelot, un des premiers fonctionnaires de larépublique romaine, Ceracchi, &c. Desforges m’assura qu'il*avaient des in elligences parmi quelques employés de la police.

Sur la fin fié Prairial ou dans les premiers jours de Messidor an8, Gambeau Lachaize réunit chez lui, à un dîner, rue de l’ArbreSec, maison d’n chaircuitier, un grand nombre de conjurés.

On y but à la santé de la démocratie pure, puis à la mort dutyran, et de tous ceux qui avaient reçu des places de lui. Des-forges demanda à Aréna si on avait des nouvelles. Ce dernierrépondit; “ On est parti; on espere qu’il ne reverra jamais Pa-“ ris.—Mais sommes-nous prêts!” dit Desforges.—“ Oui,” repar-tit Arena, rien n’est changé. Au moment oh on apprendra samort, on feindra de proclamer Louis XVIII , et on arborera le dra-peau et la cocarde blancs pour avoir sur-le champ les royalistes im-bécilles, tandis qu’on s’emparera de ceux bien connus. Le carnagedurera quarante-huit heures, sans s’arrêter, et on permettra lepillage aux troupes qui seront à Paris , pour punir les marchandsde Paris pour avoir fait guillotiner Robespierre .

Desforges applaudit et dit : “ Je suis prêt aussi; je m’empa-rerais de la caisse des jeux, de la trésorerie et des caisses particu-lières. J’ai trois à quatre cents hommes tous prêts avec ceux quidans le moment se rangeront de notre côté.

La victoire du premier consul en Italie et surtout son retour àParis , déconcerta ce projet et même leurs auteurs;

Mais bientôt Desforges les rallia : il fit plus, ayant découvertune autre faction, qui tramait contre la sienne depuis plusieursmois, il les réunit dans le courant de Messidor, an 8, par l’entre-mise de Pijot ancien notaire.

Voici les moyens de cette faction découverte par Desforges.Quelques officiers chassés de leurs corps, Desforges, GombeauLachaise, Derval, Bousquet et autres, se réunirent, dans Je cou-rant de Thermidor, à un dîner chez un traiteur, rue de laChaise. U y fut arrêté qu’on introduirait des assassins dans lacompagnie de grenadiers de la quarante-cinquieme demi-brigade,une jour de revue, et qu’au moment où elle défilerait il feraientfeu sur le premier consul. Ce projet ne put avoir lieu : ayantsondé le terrain, l’on trouva que les grenadiers de ce corpsétaient trop attachés à Bonaparté . Les conjurés reçurent avisde quelques agens de la police, de rester quelques jours tran-‘iwlles ; ce qu’ils firent.