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qui, occupée de son travail, n’est pas toujours assez instruitepour résister à des impressions étrangères ; mais que bien loin deréussir, partout le peuple témoigna attachement et estime augouvernement et au premier consul en particulier. Dans plusieurscabarets même, et notamment dans les faubourgs, les bonsouvriers conspuent les brigands.
Le premier, le deux Nivôse, des rapports faisaient connoître queles enragés étaient en mouvement; mais aucun fait positifn’était encore connu ; rien ne semblait devoir donner d’inquié-tudes fondées.
Le trois Nivôse, deux tonneaux, l’nn grand, l’autre petit, remplisde-poudre, furent amenées rue Nicaise, sur une charrette, atteléed’une jument. La voiture du premier consul était à peine passée,qu’une explosion terrible se fit entendre. Elle a jetée des famillesdans le deuil, plongée Paris dans la consternation, et exposée laFrance entière.
Le chef du gouvernement, échappé au danger, donna l’ordreau préfet de police de se transporter sur les lieux.
Les blessés furent portés aux hospices ou conduits chez eux.Quatre cadavres ont été déposés à la basse géole.
Je vous présente l’état des uns et des autres.
Des procès-verbaux constatent les funestes effets de cette in-fernale explosion.
Quarante-six maisons sont extrêmement endommagées.
Le dégât des immeubles est estimé à la somme de 40845 fr. .
Celui des meubles à celle de 123645 fr.
Les maisons nationales ne sont point comprises dans cette esti-mation.
Une foule de citoyens gémissent sur la perte de leur fortune.
Le cheval, les débris de la voiture, et quelques parties de»tonneaux ont été apportés à la préfecture.
Ces débris ont été scrupuleusement recueillis; l’on a pris avecle plus grand soin le signalement du cheval.
Dès les premiers momens.de l’explosion, on a fait une enquêtesur les lieux mêmes. Des déclarations furent reçues, et au milieudes cris que la douleur arrachait aux malheureuses victimes duplus atroce des attentats, le cœur put encore éprouver une sen-sation agréable ; ces infortunés s’oubliaient pour ne penser qu’aupremier consul ; c’était pour lui qu’ils demandoient vengeance.
Depuis, les citoyens se sont empressés de communiquer lesmoindres indices qu’ils ont recueillis. Tous paraissent animés dumême esprit. Tous voudraient faire connaître les auteurs du plushorrible des crimes.
La police continue les plus actives recherches.
Salut et respect,
Le préfet de police, (Signé) Dubois. „Certifié conforme,
Le secrétaire d’état, (Signé) IL B. Maeet.