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tre religion positive, n'est qu’une question théologique qui 110113est étrangère. Les religions, même fausses, ont au moins l’avan-tage de mettre obstacle à l’introduction des doctrines arbitraires;les individus ont 1111 centre de croyance; les gouvernemens sontrassurés sur des dogmes, une fois connus, qui ne changent pas;la superstition est, pour ainsi dire, régularisée, circonscrite etresserrée dans les bornes qu’elle ne peut ou qu’elle n’ose franchir.
Il n’y a pointa balancer entre de fans systèmes de philosophieet de faux systèmes de religion. Les faux systèmes de philosophierendent l’esprit contentieux et laissent le cœur froid : les faux sys-tèmes de religiou ont an moins l’effet de rallier les hommes àquelques idées communes et de les disposer à quelques vertus.Si les faux systèmes de religion lions façonnent à la crédulité, lesfeux systèmes de philosophie nous conduisent au scepticisme; or,les hommes en général plus faits pour agir que pour méditer, ontplus besoin, dans toutes les choses pratiques, de motifs détermi-nans que de subtilités et de doutes. Le philosophe lui-même abesoin, autant que la multitude, du courage d’ignorer et de lasagesse de croire ; car il 11e peut ni tout connaître, ni tout com-prendre.
Ne craignons pas le retour du fanatisme: nos mœurs, nos lu-mières empêchent ce retour. Honorons les lettres, cultivons lessciences, en respectant la religion, et nous serons philosophes sansimpiété, religieux sans fanatisme.
Ce qui est inconcevable, c’est que, dans le moment même oùl’on annonce que la protection donnée aux institutions religieusespourrait nous replonger dans des superstitions fanatiques, on pré-tend d’un autre côté, que l’on fait un trop grand bruit de la reli-gion, et qn’elle n’a plus aucune sorte de prise sur les hommes.
Il faut pourtant s’accorder : si les institutions religieuses peu-vent inspirer du fanatisme, c’est par le ressort prodigieux qu’ellesdonnent à lame ; et dès lors il faut convenir qu’elles ont unegrande influence, et qu’un gouvernemént serait peu sage de lesmépriser ou de les négliger.
Avancer que la religion n’arrête aucun désordre dans les paysoù elle est le plus en honneur, puisqu’elle n’empêche pas lescrimes et les scandales dont nous sommes les témoins, c’est pro-poser une objection qui frappe coutre la morale et les lois elles-mêmes, puisque la morale et les lois n’ont pas la force de prévenirtous les crimes et tous les scandales.
A la vérité, dans les sciécles mêmes les plus religieux il est deshommes qui ne croient point à la religion, d’autres qui y croientfaiblement, ou qui ne s’en occupent pas. Entre les plus fermescroyans, peu agissent conformément à leur foi ; mais aussi ceuxqui croient ù la religion la pratiquent quelquefois, s’ils ne la pratiquepas toujours : ils peuvent s’égarer, mais ils reviennent plus facilement.Les impressions de l’enfance et de l’éducation ne s’éteignent jamaisentièrement chez les incrédules même. Tous ceux qui paraissentincrédules ne le sont pas, il se forme autour d’eux une sorte d’es-prit général qui les entraîne malgré eux-mêmes, et qui réglé.