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général d’après lequel il devait agir dans la conduite des affairesreligieuses.
Mais plusieurs choses étaient à peser dans l’application de ceprincipe.
L’état religieux de la France est malheureusement trop connu.Nous sommes, à cet égard, environnés de débris et de ruines.Cette situation avait fait naître dans quelques esprits l’idée deprofiter des circonstances pour créer une religion nouvelle, quieût pu être, disait-on, plus adaptée aux lumières, aux mœurs etaux maximes de liberté qui ont présidé à nos institutions ré-publicaines.
Mais on ne fait pas une religion comme l’on promulgue deslois. Si la force des lois vient de ce qu’on les craint, la force,d'une religion vient uniquement de ce qu’on la croit. Or, la forcene se commande pas.
Dans l’origine des choses, dans des tems d’ignorance et de bar-barie, des hommes extraordinaires ont pu se dire inspirés, et, àl’exemple d ePrométkée, faire descendre le feu du ciel pour ani-mer un monde nouveau. Mais ce qui est possible chez un peuplenaissant, ne saurait l’être chez des nations usées dont il est si diffi-cile de changer les habitudes et les idées.
Les lois humaines peuvent tirer avantage de leur nouveauté,parce que souvent les lois nouvelles annoncent l’intention de ré-former d’anciens abus, ou de faire quelque nouveau bien ; mais enmatière de religion, tout ce qui a l’apparence de la nouveauté,porte le caractère de l’erreur ou de l’imposture. L’antiquitéconvient aux institutions religieuses, parce que, relativement dces sortes d'institutions, la croyance est plus forte et plus vive, àproportion que les choses qui en sont l’objet ont uns origineplus reculée ; car nous n’avons pas dans la tête des idées ac-cessoires, tirées de ces tems-là, qui puissent les contredire.
De plus, on ne croit à une religion que parce qu’on la sup-pose l’ouvrage de Dieu ; tout est perdu si on laisse entrevoir lamain de l’homme.
La sagesse prescrivait donc au gouvernement de s’arrêter auxreligions existantes, qui ont pour elle la sanction du tems et le re-spect des peuples.
Ces religions, dont l’une est connue sous le nom de religion ca-tholique, et l’autre sous celui de religion protestante, ne sontque des branches du christianisme. Or, quel juste motif eutpu déterminer la politique à proscrire les cultes chrétiens?
Il paraît d’abord extraordinaire que l’on ait a examiner aujour-d’hui si les états peuvent s’accommoder du christianisme, qui, de-puis tant de siècles, constitue le fond de toutes les religions pro-fessées par les nations policées de l’Europe ; mais on n’est plussurpris quand on réfléchit sur les circonstances.
A la renaissance des lettres, il y eût un ébranlement: les nou-velles lumières qui se répandirent à cette époque, fixèrentl’attention sur les abus et les dérégleincns dans lesquels