le tronc, et ne nous laissent appercevoir que des fleurs brillanteset ries fruits abondaus.
Mais je le dis pour le bien de ma patrie, je le dis pour le bon*lieur de la génération présente et pour celui des générations àvenir, le scepticisme outré, l’esprit d’irreligion, transformé en sys-tème politique, est plus près de la barbarie qu’on ne pense.
line tant pas juger d’une nation par le petit nombre d’hommesq U i brillent dans les grandes cités. A côté de ces hommes, ilexiste mie population immense , qui a besoin d’être gouvernée,que l’on ne peut éclairer, qui est plus susceptible d’impressions quede principes, et qui sans les secours et sans le frein de la religion neconnaîtrait que le malheur et le crime.
Les habitaus de nos campagnes n’offrirait bientôt plus que deshordes sauvages, si, vivant isolés sur un vaste territoire, la reli-gion, en les appelant dans les temples, ne leur fournissait de fié-quentes occasions de se rapprocher, et ne les disposait ainsi à goû-ter la douceur des communications sociales.
Hors de nos villes, c’est uniquement l'esprit de religion quimaintient i’esprit de société. On se rassemble, on Se voit dans lesjours de repos. En se fréquentant, on contracte l’habitude des égardsmutuels.
La jeunesse, qui cherche à se faire remarquer, étale un luxeinnocent, qui adoucit les mœurs plutôt qu’il • ne les corrompt.Après les plus rudes travaux, on trouve à-la-fois l’instruction et ledélassement. Des cérémonies augustes frappent les yeux et re-muent le cœur ; les exercises religieux préviennent les dangersd’une grossière oisiveté. A l’approche des solennités, les famillesse réunissent, les ennemis se réconcilient, les médians mêmeéprouvent quelque remords. On connaît le respect humain. Ilse forme une opinion publique, bien plus sûre que celle de nosgrandes villes, où il y a tant de coteries et point de véritablepublic. Que d’œuvres de miséricorde inspirées par la piété ! Quede restitutions forcées par les terreurs de la conscience !
Otez la religion à la masse des hommes : par quoi la remplacerez-vous] Si l’on n’est pas préoccupé du bien, on le sera du mal:l’esprit et le cœur ne peuvent demeurer vides.
Quand il n’y aura plus de religion, il n’y aura plus ni patrie,ni société pour des hommes qui, en recouvrant leur indépen-dance, n’auront que la force pour en abuser.
Dans quel moment la grande question de l’utilité ou de la né-cessité des institutions religieuses s’est-elle trouvée soumise à l’exa-men du gouvernement? Dans un moment où l’on vient conqué-rir la liberté, où l’on a effacé toutes les inégalités affligeantes, etou l’on a modéré la puissance et adouci toutes les lois. Est-cedans de telles circonstances qu’il faudrait abolir et étouffer les sen-tunens religieux ! C’est surtout dans les états libres que la reli-gion est nécessaire. C’est-là, dit Polybe , qm pour nôtre pasobligé de donner un pouvoir dangereux à quelques hommes, lafins forte crainte doit-être celle des dieux.
Le gouvernement n’avait donc point à balancer sur le principe