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Mais on peut protéger une religion, sans la rendre ni exclusive,-ni dominante. Protéger une religion, c’est la placer sous l’égidedes lois ; c’est empêcher qu’elle ne soit troublée; c’est garantir àceux qui la professent, la jouissance des biens spirituels qu’ils s’enpromettent, comme on leur garantit la sûreté de leurs personneset de leurs propriétés. Dans le simple système de protection, iln’v a rien d’exclusif ni de dominant ; car on peut protéger plu-sieurs religions, ou peut les protéger toutes.
Je conviens que le système de protection différé essentiellementdu système d’indilférence et de mépris que l’on a si mal à proposdécoré du nom de tolérance.
Le mot tolérance, en fait de religion, ne saurait avoir l’acceptioninjurieuse qu’on lui donne, quand il est employé relativement àdes abus que l’on serait tenté de proscrire, et sur lesquels on con-sent à fermer les yeux.
La tolérance religieuse est un devoir, une vertu d’homme àliomme ; et, en droit public, cette tolérance est le respect du gou-vernement pour la conscience des citoyens, et pour les objets deleur vénération et de leur croyance. Ce respect ne doit pas êtreillusoire ; il le serait pourtant, si, dans la pratique, il ne produisaitaucun effet utile ou consolant.
D’après ce que nous avons déjà eu occasion d'établir, on doitsentir combien le secours de la religion est nécessaire au bonheurdes hommes.
Indépendamment de tout le bien moral que l’on est en droit dese promettre de la protection que je réclame pour les institutionsreligieuses, observons que le bon ordre et la sûreté publique nepermettent pas que l’on abandonne, pour ainsi dire, ces institu-tions à elles-mêmes. L’état ne pourrait avoir aucune prise surdes établissemens et sur des hommes que l’on traiterait commeétrangers à l’état. Le système d’une surveillance raisonnable surles cuites ne peut être garanti que par le plan connu d’une organisa-tion légale de ces cultes. Sans cette organisation avouée et autoriséetoute surveillance serait nulle ou impossible, parce que le gouver-nement n’aurait aucune garantie réelle de la bonne conduite deceux qui professent des cultes obscurs dont les lois rte se mêleraientpas, et qui, dans leur invisibilité, s’il m’est permis de parler ainsi,sauraient toujours échapper aux lois.
Les circonstances particulières, dans lesquelles nous vivons, for-tifient ces considérations générales.
On a vu dans les événeniens de la révolution, que le catholi-cisme a été l’objet principal de tous les coups qui ont été portésaux établissemens religieux, et céda n’étonne pas. La religioncatholique avait toujours été dominante: elle était même deve-nue exclusive par la révocation de l’édit de Nantes , et on croyait«voir à lui reprocher cette révocation qui avait eu des suites sifunestes pour la France . Une religion que! l’on a soupçonnée(I etre réprimante, est réprimée à son tour, quand les circonstancesprovoquent cette espece de réaction. ^Ajoutez à cette première
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